Brief d'Intelligence PME · Édition Maroc · N° 19.10–23.10
Semaine du lundi 19 au vendredi 23 octobre 2026. Neuf développements, filtrés sur une seule question : qu'est-ce qu'un dirigeant de PME marocaine doit faire différemment cette semaine ?
Compilé et édité par Olawale Osoba, Fondateur et Rédacteur en Chef · GrowthIntelAfrica
Seuls les faits survenus entre le lundi 19 et le vendredi 23 octobre 2026 sont traités comme l'actualité de la semaine. C'est la semaine la plus dense de ce trimestre : programme gouvernemental lundi, indice des prix jeudi, vote de confiance jeudi, projet de loi de finances 2027 en fin de semaine. Elle répond aussi à la question que nous avions posée il y a sept jours, celle de l'écart entre inflation mesurée et inflation perçue. Cette édition contient également une omission que nous réparons, sur les flux de carburants transitant par Tanger.
L'indice des prix à la consommation de septembre, publié le 22 octobre, est repassé en territoire positif après deux mois de recul. Sur un seul mois, l'indice national monte de 1 %. Mais ce chiffre national masque un écart de 3,1 points entre la ville où les prix ont le plus monté et la seule où ils ont baissé.
Variation de l'indice des prix à la consommation, août à septembre 2026, par ville
Trait blanc : le zéro. Trait bleu : la moyenne nationale, plus 1,0 %.
Lecture : les barres sont strictement proportionnelles aux variations mensuelles publiées. Une seule ville recule, Al Hoceïma, et sa barre part à gauche du zéro. Source : Haut-Commissariat au Plan, indice des prix à la consommation de septembre 2026, chiffres relayés par Le Matin le 22 octobre 2026, article ouvert et lu intégralement. Nous n'avons pas pu ouvrir la note du HCP elle-même, son domaine n'étant pas accessible depuis cette session, et nous le signalons plutôt que de laisser croire à une consultation de la source primaire. Le HCP ne publie pas de variation annuelle par ville : les écarts montrés ici sont mensuels et ne décrivent pas un niveau de prix, seulement son mouvement d'août à septembre.
Partie 1 · Les développements
Jeudi 22 octobre · Prix
Ce qui s'est passé
L'indice des prix à la consommation de septembre 2026 progresse de 0,5 % sur un an, après des reculs de 0,3 % en août et de 0,6 % en juillet. Sur un mois, il monte de 1 %. Les prix alimentaires reculent encore de 2,5 % sur un an, mais augmentent de 1,6 % sur le mois, tandis que les prix non alimentaires montent de 2,8 % sur un an et de 0,4 % sur le mois. Dans le détail mensuel, les viandes et légumes progressent de 4,3 %, les laits, fromages et œufs de 1,6 %, les carburants de 2 %, les eaux minérales, boissons rafraîchissantes et jus de 0,2 %, les fruits de 0,1 %, pendant que les poissons et fruits de mer reculent de 0,4 % et les cafés, thés et cacaos de 0,3 %. Sur un an, le transport affiche la plus forte hausse annuelle citée, 9,4 %, et la communication est stable. L'inflation sous-jacente s'établit à 0,5 % sur le mois et 0,6 % sur un an.
Pourquoi c'est important
Notre édition du 16 octobre posait une question et nous avons la réponse. L'enquête du HCP auprès des ménages montrait que 95,9 % d'entre eux constataient une hausse des prix alimentaires pendant que l'indice les mesurait en recul. Nous avions écrit que, pour une décision commerciale, il fallait suivre la perception plutôt que l'agrégat. Septembre confirme la direction perçue : l'alimentaire monte de 1,6 % sur le mois, et les viandes et légumes de 4,3 %. Le glissement annuel reste négatif à moins 2,5 %, par effet de base, mais ce n'est pas ce que vit un consommateur, qui compare au mois dernier. Deux conséquences pratiques. La première est que la fenêtre où vous pouviez absorber une hausse de coût sans la répercuter se referme, parce que vos propres fournisseurs vont bouger. La seconde est que le transport à plus 9,4 % sur un an est désormais le premier poste de hausse annuelle : si vous facturez une livraison incluse, c'est la ligne qui ronge votre marge sans apparaître nulle part.
Source : Haut-Commissariat au Plan, indice des prix à la consommation de septembre 2026, via Le Matin, « Les prix à la consommation repartent à la hausse en septembre (HCP) », 22/10/2026 à 09h19, ouvert et lu intégralement (plus 0,5 % sur un an contre moins 0,3 % en août et moins 0,6 % en juillet, plus 1 % sur un mois, alimentaire à moins 2,5 % sur un an et plus 1,6 % sur le mois, non alimentaire à plus 2,8 % et plus 0,4 %, viandes et légumes à plus 4,3 %, laits fromages et œufs à plus 1,6 %, carburants à plus 2 %, transport à plus 9,4 % sur un an, inflation sous-jacente à plus 0,5 % et plus 0,6 %, variations mensuelles des seize villes). Reprises concordantes : Telquel, H24Info, Aujourd'hui le Maroc, Medi1News, LeSiteinfo (22/10/2026). Note du HCP non consultée.
22 et 23 octobre · Fiscalité
Ce qui s'est passé
Le projet de loi de finances 2027 porte une réforme de l'impôt sur le revenu étalée de 2027 à 2031. Le seuil annuel d'exonération passe de 40 000 à 60 000 dirhams. Le nombre de tranches imposables est ramené de cinq à trois, avec des taux cibles de 10 %, 20 % et 30 %, contre un taux marginal supérieur actuel de 37 %. Selon une source, ce taux supérieur passerait de 37 % en 2027 à 30 % à partir de 2030. La déduction pour frais professionnels est fixée à 45 %, plafonnée à 35 000 dirhams par an. À compter du 1er janvier 2027, les salaires nets mensuels inférieurs à 10 000 dirhams seraient exonérés d'impôt sur le revenu, ce qui porterait à 87 % la part des salariés exonérés, la plupart des bénéficiaires gagnant environ 500 dirhams de plus par mois. Le coût de la première étape est chiffré à 5,5 milliards de dirhams pour 2027.
Pourquoi c'est important
C'est la mesure la plus directement opérationnelle du budget pour un employeur, et elle agit sur deux leviers à la fois. Côté coût, un salarié qui gagne environ 500 dirhams nets de plus sans que vous ayez augmenté son brut, c'est une revalorisation que l'État finance à votre place. Dans un marché où nous signalons depuis trois semaines une tension sur les profils techniques, cela desserre la pression salariale au moment précis où elle montait. Côté demande, 87 % des salariés avec un peu plus de net, c'est une injection de pouvoir d'achat qui arrive en janvier, c'est-à-dire juste après la période où les ménages déclarent ne pas pouvoir épargner. Mais attention au calendrier : la mesure prend effet au 1er janvier 2027, pas maintenant. Toute négociation salariale menée d'ici décembre doit intégrer que le net de votre collaborateur va monter tout seul quelques semaines plus tard.
Sources : Le Matin, « PLF 2027 : voici les principales dispositions fiscales et douanières prévues », 23/10/2026 à 18h27, ouvert et lu intégralement (seuil de 60 000 DH de revenu annuel imposable, taux marginal de 37 % en 2027 à 30 % à partir de 2030, déduction pour frais professionnels de 45 % plafonnée à 35 000 DH). Finances News Hebdo, 23/10/2026 à 15h40, ouvert et lu intégralement (seuil de 40 000 à 60 000 DH, tranches de cinq à trois, taux cibles de 10, 20 et 30 %, exonération des nets sous 10 000 DH au 1er janvier 2027, part d'exonérés portée à 87 %, gain d'environ 500 DH par mois, 5,5 MMDH pour 2027). Le360, 23/10/2026 à 19h41, ouvert et lu (exonération sous 10 000 DH nets couvrant 87 % des salariés). Le Matin, 23/10/2026 à 19h54, ouvert et lu (concordant).
Vendredi 23 octobre · Douane
Ce qui s'est passé
Le projet de loi de finances 2027 prévoit l'exonération des droits d'importation et des autres taxes à l'importation sur les animaux vivants des espèces bovine, ovine, caprine et camélidés, ainsi que sur leurs viandes et abats, frais, réfrigérés ou congelés. Les droits de 10 %, 30 % ou 40 % appliqués à certains intrants destinés à l'alimentation animale non fabriqués localement seraient ramenés à 2,5 %. Le taux préférentiel de 2,5 % applicable aux aliments pour poissons serait prorogé jusqu'au 31 décembre 2029, dans la limite d'un contingent annuel de 15 000 tonnes. Le texte ratifie par ailleurs des décrets pris en 2026, dont ceux relatifs au blé, avec un droit de 135 % du 1er juin au 31 juillet 2026 prorogé au 31 août, et à la viande rouge. Enfin, une enveloppe d'un milliard de dirhams est prévue pour améliorer les circuits de distribution et de commercialisation alimentaire, moderniser les marchés de gros et soutenir six sociétés régionales d'agrégation et de commercialisation dans les principales régions agricoles, avec une réforme de la distribution des viandes et des poissons destinée à réduire les coûts d'intermédiation.
Pourquoi c'est important
Cette mesure et l'item 01 se répondent. L'indice de septembre montre les viandes et légumes en hausse de 4,3 % sur un mois ; le budget déposé quelques jours plus tard supprime les droits sur la viande et le bétail importés et divise par quatre à seize les droits sur les intrants d'alimentation animale. Pour une PME, trois effets concrets. Un éleveur ou un engraisseur voit son poste d'aliments baisser, et c'est le premier poste de coût du secteur. Un importateur de viande voit sa structure de prix se transformer. Mais un producteur local de viande voit arriver une concurrence importée détaxée, ce qui est exactement l'intention du dispositif. La réforme de la distribution et les six sociétés régionales d'agrégation ajoutent une variable de plus : si l'intermédiation est réduite, ce sont des marges d'intermédiaires existants qui sont visées, et il vaut mieux savoir de quel côté de cette chaîne on se trouve avant janvier.
Sources : Le Matin, « PLF 2027 : voici les principales dispositions fiscales et douanières prévues », 23/10/2026 à 18h27, mise à jour à 20h22, ouvert et lu intégralement (exonération sur bovins, ovins, caprins et camélidés et leurs viandes et abats, intrants d'alimentation animale de 10, 30 ou 40 % ramenés à 2,5 %, aliments pour poissons à 2,5 % jusqu'au 31/12/2029 avec contingent de 15 000 tonnes, ratification des décrets blé à 135 % et viande rouge). Finances News Hebdo, 23/10/2026 à 15h40, ouvert et lu intégralement (enveloppe d'un milliard de dirhams, modernisation des marchés de gros, six sociétés régionales d'agrégation, réforme de la distribution des viandes et poissons).
Vendredi 23 octobre · Transferts
Ce qui s'est passé
À compter du 1er janvier 2027, l'État prendrait en charge les factures mensuelles d'électricité de 100 dirhams ou moins. La mesure concernerait environ six millions de clients, soit environ 60 % des abonnés, pour un coût annuel de 2,8 milliards de dirhams, et certains petits artisans ruraux à faible consommation pourraient également en bénéficier. L'aide sociale directe mensuelle minimale passerait de 500 à 600 dirhams dans une première phase, puis progressivement à 1 000 dirhams, la première phase coûtant 3 milliards de dirhams supplémentaires, et le fait qu'un membre du foyer occupe un emploi rémunéré ne mettrait plus automatiquement fin à l'aide. La pension minimale passerait à 1 700 dirhams en janvier 2027 pour atteindre 3 000 dirhams d'ici la fin de la législature, la première augmentation bénéficiant à environ 500 000 personnes dont plus de 150 000 veuves, et la part de pension de réversion passant de 50 % à 100 % pour 431 000 bénéficiaires. L'enveloppe budgétaire globale des aides sociales et économiques est donnée à 62 milliards de dirhams.
Pourquoi c'est important
C'est le volet du budget qui change la demande adressée aux PME, et il est plus précis qu'il n'y paraît. La mesure électricité est la seule du paquet qui touche directement des entreprises : des petits artisans ruraux à faible consommation sont explicitement cités comme bénéficiaires possibles. Pour un atelier, un salon, une petite unité de transformation dont la facture mensuelle tourne autour de cent dirhams, c'est une charge fixe qui disparaît. Le reste agit par le revenu des ménages, et le calendrier compte : les hausses arrivent en janvier, pas pour les fêtes. Une PME qui vend aux ménages modestes doit donc planifier un quatrième trimestre encore contraint et un premier trimestre 2027 plus porteur, ce qui est l'inverse de la saisonnalité habituelle. Enfin, le détail selon lequel un emploi rémunéré dans le foyer ne met plus fin à l'aide retire un frein à l'embauche déclarée, ce qui intéresse tout employeur recrutant des profils peu qualifiés.
Sources : Finances News Hebdo, « PLF 2027 : salaires, retraites, électricité, ce qui va changer dès janvier », 23/10/2026 à 15h40, ouvert et lu intégralement (prise en charge des factures de 100 DH ou moins au 1er janvier 2027, environ six millions de clients soit 60 % des abonnés, coût annuel de 2,8 MMDH, petits artisans ruraux cités au conditionnel, aide directe de 500 à 600 DH puis 1 000, surcoût de 3 MMDH, non-cumul supprimé, pension minimale à 1 700 DH en janvier 2027 puis 3 000 d'ici la fin de la législature, 500 000 bénéficiaires dont plus de 150 000 veuves, réversion de 50 à 100 % pour 431 000 personnes). Le360, 23/10/2026 à 19h41, ouvert et lu (enveloppe globale de 62 MMDH, aide portée à 600 DH dès janvier 2027 sur de nouveaux critères, montée à 1 000 DH sur cinq ans). Le Matin, 23/10/2026 à 19h54, ouvert et lu (enveloppe retraites de plus de 10 MMDH).
Vendredi 23 octobre · Fiscalité et conformité
Ce qui s'est passé
Le projet de loi de finances 2027 relève à 40 %, contre 35 %, l'impôt sur les sociétés des entreprises d'importation et de distribution d'hydrocarbures dont le bénéfice net imposable atteint au moins 100 millions de dirhams, pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, les acomptes provisionnels étant également concernés. La taxe intérieure de consommation sur les cigarettes électroniques double, de 50 à 100 dirhams l'unité, et s'étend aux dispositifs jetables et rechargeables ainsi qu'à leurs composants. Une réforme de la fiscalité des cigarettes est engagée sur 2027 à 2031. Une nouvelle taxe intérieure de consommation s'appliquerait aux sirops et concentrés destinés à la restauration rapide. Les vins et bières seraient soumis à une taxe ad valorem de 30 % assortie d'un minimum de perception de 1 265 dirhams par hectolitre pour les vins et 1 705 dirhams pour les bières, et certains spiritueux à 50 % avec un minimum de 33 150 dirhams par hectolitre d'alcool pur. Les droits sur les tubes de prélèvement sanguin passent de 17,5 % à 2,5 %, ceux sur les dispositifs de prélèvement en PET de 2,5 % à 10 %. Les biens importés par ou pour la FIFA, ses entités liées et le Fonds Legacy seraient exonérés de droits et taxes à l'importation du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2032. Enfin, à compter du 1er janvier 2027, les transitaires agréés devront se conformer à un cahier des charges fixé par l'administration, les transitaires déjà agréés disposant de douze mois après sa publication pour s'y conformer.
Pourquoi c'est important
Chaque ligne de cette liste désigne une population précise. L'impôt à 40 % sur les gros distributeurs d'hydrocarbures est la réponse budgétaire à une année de controverse sur les prix à la pompe, mais une PME qui achète du carburant en volume doit se demander si cette charge sera absorbée par le distributeur ou répercutée sur sa grille. La nouvelle taxe sur les sirops et concentrés touche directement la restauration rapide, un secteur à forte densité de petites entreprises. Les minima de perception sur les vins et bières frappent les cafés, hôtels et restaurants autorisés. L'exonération FIFA crée une asymétrie pendant six ans entre un fournisseur local taxé et un bien importé détaxé pour le même chantier. Et le cahier des charges des transitaires est le seul élément de cette liste qui soit une obligation de conformité au sens strict : si vous êtes transitaire, vous avez une mise en conformité à préparer ; si vous êtes importateur, votre transitaire aussi, et une défaillance de sa part devient votre problème de dédouanement.
Source : Le Matin, « PLF 2027 : voici les principales dispositions fiscales et douanières prévues », 23/10/2026 à 18h27, mise à jour à 20h22, ouvert et lu intégralement (IS à 40 % pour les importateurs et distributeurs d'hydrocarbures au bénéfice net d'au moins 100 MDH pour les exercices ouverts à compter du 01/01/2027, acomptes provisionnels concernés, TIC cigarettes électroniques de 50 à 100 DH l'unité étendue aux dispositifs jetables et rechargeables et à leurs composants, réforme cigarettes 2027-2031, nouvelle TIC sur sirops et concentrés pour la restauration rapide, vins et bières à 30 % ad valorem avec minima de 1 265 et 1 705 DH/hl, spiritueux à 50 % avec minimum de 33 150 DH/hl d'alcool pur, tubes de prélèvement de 17,5 à 2,5 %, dispositifs PET de 2,5 à 10 %, exonération FIFA du 01/01/2027 au 31/12/2032, cahier des charges des transitaires agréés au 01/01/2027 avec douze mois de mise en conformité, tolérance or et argent de 20 à 10 millièmes). Confirmation du taux de 40 % sur les hydrocarbures : Finances News Hebdo, 23/10/2026, ouvert et lu.
Vendredi 23 octobre · Finances publiques
Ce qui s'est passé
Le projet de loi de finances 2027 prévoit des charges de l'État de 825,59 milliards de dirhams, en hausse de 8,44 %. Les recettes fiscales sont arrêtées à 437,4 milliards de dirhams et les recettes ordinaires à 482,42 milliards, dont 45 milliards de recettes non fiscales. Les dépenses ordinaires s'élèvent à 433,08 milliards, dont 195,67 milliards de charges de personnel et 45,94 milliards d'intérêts et commissions de la dette. L'investissement inscrit au budget général représente 138,03 milliards de dirhams de crédits de paiement, auxquels s'ajoutent des crédits d'engagement non chiffrés par notre source. Le besoin brut de financement de l'État approche 159 milliards de dirhams. Le texte prévoit 34 454 postes budgétaires, dont 33 954 répartis entre ministères et institutions et 500 à la disposition de la cheffe du gouvernement, dont 200 réservés aux personnes en situation de handicap. Le déficit est ramené à 3 % du PIB et la dette est annoncée stabilisée à 67,5 %. Une autre source fait par ailleurs état de 400 milliards de dirhams d'investissement public en 2027, sur un périmètre qu'elle ne définit pas.
Pourquoi c'est important
Un chiffre résume la situation d'une PME fournisseur de l'État : les recettes fiscales couvrent à peine les dépenses ordinaires, et l'investissement public, c'est-à-dire votre carnet de commandes, est financé par la dette. Ce n'est pas une anomalie marocaine et ce n'est pas un jugement, c'est une information sur la hiérarchie des coupes. Si les conditions de financement se durcissent ou si une recette manque en cours d'exercice, ce sont les crédits de paiement d'investissement qui s'ajustent en premier, parce que les salaires et les intérêts, eux, ne s'ajustent pas. Concrètement, cela veut dire deux choses pour vous. D'abord, un marché notifié ne garantit pas un paiement rapide : les délais de paiement publics sont la variable d'ajustement la plus discrète. Ensuite, les 34 454 postes budgétaires et les 195,67 milliards de charges de personnel vous disent où va la croissance de la dépense, et ce n'est pas vers l'achat de prestations.
Sources : Finances News Hebdo, « PLF 2027 : fiscalité, emploi, investissement, ce que prévoit le gouvernement », 23/10/2026 à 15h40, ouvert et lu intégralement (investissement de 138,03 MMDH de crédits de paiement, 34 454 postes budgétaires dont 33 954 par ministères et 500 par la cheffe du gouvernement dont 200 pour personnes en situation de handicap, recettes fiscales de 437,4 MMDH, recettes ordinaires de 482,42 MMDH dont 45 MMDH non fiscales, dépenses ordinaires de 433,08 MMDH dont 195,67 MMDH de personnel et 45,94 MMDH d'intérêts, besoin brut de financement proche de 159 MMDH ; déficit à 3 % du PIB et dette stabilisée à 67,5 %). Charges de l'État de 825,59 MMDH en hausse de 8,44 % : H24Info, 23/10/2026 à 19h48, chapeau lu, corps de l'article non chargé, signalé comme tel. Investissement public de 400 MMDH : Le Matin, 23/10/2026 à 19h54, ouvert et lu, périmètre non défini par la source.
Du 19 au 22 octobre · Institutions
Ce qui s'est passé
Fatima Ezzahra El Mansouri a présenté le programme gouvernemental devant les deux chambres le 19 octobre. Le jeudi 22 octobre, la Chambre des représentants lui a accordé sa confiance par 204 voix pour et 127 contre, sur 331 députés ayant pris part au vote. Le programme fixe pour 2027 à 2031 une croissance réelle moyenne de 5 % par an, appréciée sur la moyenne quinquennale et non sur une année isolée, une inflation maintenue autour de 2 % par an, un déficit budgétaire tenu à 3 % du PIB sur tout le mandat et une dette du Trésor ramenée à 62 % du PIB d'ici 2031. Quelques jours plus tard, le projet de loi de finances déposé par le même gouvernement retient pour 2027 une croissance que nos sources rapportent différemment, 4,3 % pour l'une et 3,7 % pour l'autre.
Pourquoi c'est important
Le vote lève la dernière incertitude institutionnelle : un gouvernement investi, un budget déposé, une majorité de 204 voix. Vos dossiers ont un interlocuteur et un calendrier. Mais l'écart entre les chiffres de croissance mérite votre attention, non pour des raisons politiques mais parce qu'une prévision de croissance est l'hypothèse sur laquelle se construisent les recettes fiscales, et donc la capacité de l'État à payer ses fournisseurs. Entre une croissance de 5 % en moyenne annoncée dans le programme, de 3,7 % ou 4,3 % selon la lecture du budget, et de 2,9 % selon la banque centrale, l'écart atteint plus de deux points. Pour une PME, la conclusion n'est pas de choisir un chiffre, c'est de ne pas caler son plan 2027 sur le plus élevé.
Sources : Lebrief, « Vote de confiance : le gouvernement El Mansouri investi au Parlement », 22/10/2026 à 20h37, ouvert et lu intégralement (204 voix pour, 127 contre, 331 votants, présentation du programme aux deux chambres le 19 octobre). Médias24, « Croissance de 5 %, inflation à 2 % et dette à 62 % : les objectifs du gouvernement El Mansouri », 19/10/2026 à 16h55, ouvert et lu intégralement (croissance réelle moyenne de 5 % sur 2027-2031 appréciée sur la moyenne quinquennale, inflation autour de 2 %, déficit à 3 % du PIB sur le mandat, dette du Trésor à 62 % du PIB en 2031). Chiffres de croissance 2027 : Le Matin, 23/10/2026 à 19h54 (4,3 % en 2027 et 3,1 % prévus pour 2026) et Le360, 23/10/2026 à 19h41 (3,7 % en 2027), tous deux ouverts et lus. Projection de Bank Al-Maghrib : communiqué du Conseil du 22/09/2026, cité de mémoire d'édition.
Publié le 16 octobre, actualisé le 20 · Énergie et conformité
Ce qui s'est passé
Selon l'analyse mensuelle du Centre for Research on Energy and Clean Air, publiée le 16 octobre et actualisée le 20 octobre, la Russie a importé par voie maritime 234 000 tonnes de produits pétroliers en septembre 2026, soit 44 % de moins que le record d'août à 416 000 tonnes, mais le deuxième volume mensuel le plus élevé depuis janvier 2022. Le Maroc en a été le deuxième fournisseur avec 96 000 tonnes, exclusivement de l'essence, expédiées depuis le terminal Horizon à Tanger et déchargées à Saint-Pétersbourg et Mourmansk. La Turquie a fourni 55 % du total, avec quatre cargaisons de 130 000 tonnes depuis Mersin, pour 94 millions d'euros. Parmi les acheteurs des cargaisons marocaines, les données de Kpler citent Gazprom et Surgutneftegas. Les livraisons sud-coréennes sont tombées de 95 000 à 8 000 tonnes, ce que le rapport attribue à la menace de poursuites contre les exportateurs, et aucune cargaison n'est arrivée d'Inde ou d'Égypte en septembre.
Pourquoi c'est important
Nous avons publié il y a sept jours l'arrivée d'une cargaison de 40 000 tonnes de gasoil russe à destination du Maroc, en signalant qu'il n'était pas établi si elle alimenterait le marché intérieur ou repartirait en transit. Ce rapport répond en partie à la question : dans le même mois, Tanger expédiait 96 000 tonnes d'essence vers deux ports russes. Le Maroc n'est donc pas seulement un acheteur de distillat décoté, c'est une plateforme de négoce et de stockage qui fonctionne dans les deux sens. Première conséquence, commerciale : si vous attendiez que l'arrivée de produit russe fasse baisser votre prix à la pompe, ce raisonnement est fragile, parce que ces flux sont d'abord des flux de négoce, pas d'approvisionnement du marché local. Seconde conséquence, et c'est la plus sérieuse : le précédent sud-coréen, où une menace de poursuites a fait chuter les volumes de 92 % en un mois, montre que ce type d'activité est devenu un sujet d'exécution réglementaire. Toute PME marocaine de la chaîne de services autour de ces flux, agence maritime, manutention, stockage, avitaillement, transport terrestre, assurance, courtage, devrait considérer le risque de conformité comme une variable de son métier et non comme un sujet lointain.
Source primaire : Centre for Research on Energy and Clean Air, « September 2026 Monthly analysis of Russian fossil fuel exports and sanctions », publié le 16/10/2026 et actualisé le 20/10/2026, page consultée et lue (234 000 tonnes importées par mer en septembre, moins 44 % sur le record d'août de 416 000 tonnes, deuxième volume mensuel depuis janvier 2022, Maroc deuxième fournisseur avec 96 000 tonnes d'essence depuis le terminal Horizon à Tanger vers Saint-Pétersbourg et Mourmansk, acheteurs Gazprom et Surgutneftegas cités par Kpler, Turquie à 55 % avec 130 000 tonnes depuis Mersin pour 94 M€, Corée du Sud de 95 000 à 8 000 tonnes après menace de poursuites, aucune cargaison d'Inde ni d'Égypte). Reprise consultée : Bladi, 16/10/2026, ouvert et lu. Analyse privée hors fenêtre : Windward, 04/09/2026, ouvert et lu, citée pour mémoire uniquement.
Semaine du 15 au 21 octobre · Monnaie
Ce qui s'est passé
D'après le bulletin des indicateurs hebdomadaires de Bank Al-Maghrib, le dirham s'est apprécié de 0,61 % face au dollar et de 0,17 % face à l'euro entre le 15 et le 21 octobre, après des hausses de 1,26 % et 1,39 % la semaine précédente et des baisses de 2,95 % et 1,47 % la semaine du 1er au 7 octobre. Les avoirs officiels de réserve s'établissent à 510,2 milliards de dirhams au 16 octobre, en baisse de 1 % sur une semaine et en hausse de 18,8 % sur un an, après 515,4 milliards au 9 octobre et 515,7 milliards au 2 octobre. Aucune opération d'adjudication n'a été réalisée sur le marché des changes. Les interventions de la banque centrale ont représenté en moyenne 147,2 milliards de dirhams par jour, dont 51,8 milliards d'avances à sept jours, 44,9 milliards de pensions livrées et 50,5 milliards de prêts garantis, et l'appel d'offres du 21 octobre a injecté 50,6 milliards en avances à sept jours. Le volume quotidien moyen du marché interbancaire s'établit à 3 milliards de dirhams, au taux de 2,25 %.
Pourquoi c'est important
Le dirham a effacé sa chute du début de mois face à l'euro et en a effacé les deux tiers face au dollar. Pour un importateur de la zone euro, qui est la première origine des achats marocains, le coût de change est revenu à son niveau d'il y a trois semaines. Mais deux éléments appellent à la prudence. Le premier est que les réserves ont reculé de 5,5 milliards de dirhams en deux semaines alors que la banque centrale n'a réalisé aucune adjudication de change : la baisse ne vient donc pas d'une défense du cours, et nous ne savons pas d'où elle vient. Le second est que ce redressement s'est produit sans aucune intervention officielle, à la hausse comme à la baisse, ce qui confirme ce que nous écrivions la semaine dernière : il n'existe pas de niveau défendu. Un importateur qui a laissé passer la fenêtre de couverture en comptant sur un soutien institutionnel n'en aura pas.
Sources : Bank Al-Maghrib, bulletin des indicateurs hebdomadaires, via Lebrief, « Le dirham en hausse face au dollar et à l'euro », 23/10/2026 à 21h41, ouvert et lu intégralement (données du 15 au 21 octobre, appréciation de 0,61 % face au dollar et de 0,17 % face à l'euro, réserves de 510,2 MMDH au 16 octobre en baisse de 1 % sur la semaine et en hausse de 18,8 % sur un an, aucune adjudication de change, interventions de 147,2 MMDH par jour en moyenne dont 51,8 d'avances à sept jours, 44,9 de pensions livrées et 50,5 de prêts garantis, appel d'offres du 21 octobre de 50,6 MMDH, interbancaire de 3 MMDH au taux de 2,25 %). Semaines antérieures : Medi1News avec la MAP du 17/10/2026 et Le Reporter du 09/10/2026, ouverts et lus, cités dans nos éditions précédentes.
Une omission réparée. Le rapport du CREA établissant que le Maroc a expédié 96 000 tonnes d'essence vers la Russie en septembre a été publié le 16 octobre, dans la fenêtre de notre édition précédente. Nous ne l'avions pas, alors que nous traitions la même semaine l'arrivée d'une cargaison de gasoil russe et que nous écrivions ne pas savoir si elle alimenterait le marché intérieur. L'item 08 répare cette omission. C'est la deuxième semaine consécutive où un fait de marché publié le vendredi nous a échappé, et nous en tirons la conséquence : notre balayage du vendredi soir était insuffisant.
Deux chiffres de croissance irréconciliables. Pour la croissance retenue par le PLF 2027, Le Matin écrit 4,3 % et Le360 écrit 3,7 %, à treize minutes d'intervalle le même soir, tous deux rendant compte de la même présentation. Nous ne pouvons pas trancher et nous publions les deux avec leur source. Le programme gouvernemental vise par ailleurs 5 % de moyenne sur cinq ans et Bank Al-Maghrib projetait 2,9 % pour 2027. Un écart de plus de deux points entre des chiffres officiels n'est pas un détail de présentation.
Deux seuils d'impôt sur le revenu sur des bases différentes. Nos sources donnent à la fois un seuil d'exonération de 60 000 dirhams de revenu annuel imposable et une exonération des salaires nets mensuels sous 10 000 dirhams. Ces grandeurs ne sont pas équivalentes et aucune source ne fait le passage de l'une à l'autre. Nous ne le faisons pas non plus, faute de barème complet publié.
Le domaine du HCP inaccessible. Pour la première fois depuis le lancement de ce brief, nous n'avons pas pu ouvrir une page du Haut-Commissariat au Plan depuis cette session. L'indice des prix de septembre repose donc sur un article de presse lu intégralement et non sur la note institutionnelle. C'est un cran en dessous de notre standard habituel sur les données HCP et l'item 01 le signale.
La facturation électronique, neuvième semaine. Aucune confirmation de publication au Bulletin officiel du décret d'application. Nous notons en outre que la couverture de presse du volet fiscal du PLF 2027 que nous avons lue ne mentionne ni la TVA ni la facturation électronique. Nous n'avons pas lu le projet de loi lui-même : une absence dans la presse n'est pas une absence dans le texte.
L'aide au transport. La tranche ouverte le 24 septembre pour trente jours arrivait à échéance autour du 24 octobre. Aucune source de la semaine ne confirme sa clôture ni l'ouverture d'une nouvelle tranche, et nous ne l'affirmons pas.
Deux fois de suite, l'information nous a échappé un vendredi soir. Le dire est la seule façon de corriger la méthode.
Partie 2 · Le verdict
La semaine apporte la clarté institutionnelle que nous attendions depuis la mi-septembre. Un gouvernement investi par 204 voix, un budget déposé, des mesures chiffrées et datées. Pour une PME, cela vaut mieux que trois semaines d'attente, et les dossiers administratifs suspendus peuvent repartir dès cette semaine.
Mais le contenu du budget déplace la demande vers 2027. La baisse de l'impôt sur le revenu prend effet au 1er janvier, la prise en charge des factures d'électricité au 1er janvier, la hausse de l'aide sociale directe et des pensions en janvier également. Rien de ce paquet n'arrive avant les fêtes. Un commerce qui vend aux ménages modestes doit donc planifier un quatrième trimestre encore contraint, avec 92,5 % de ménages sans intention d'épargne selon l'enquête du HCP, puis un premier trimestre plus porteur. C'est l'inverse de la saisonnalité à laquelle la plupart des plans commerciaux sont calibrés.
Pendant ce temps, les prix se retournent. L'indice de septembre repasse à plus 0,5 % sur un an après deux mois négatifs, l'alimentaire monte de 1,6 % sur le mois, les viandes et légumes de 4,3 %, et le transport affiche plus 9,4 % sur un an. Le gouvernement répond par des mesures douanières ciblées sur la viande, le bétail et l'alimentation animale, mais elles aussi prennent effet en janvier. Entre la hausse des coûts, qui est immédiate, et le soutien, qui est différé, il y a un trimestre à traverser.
Le change offre le seul répit sans condition : troisième semaine consécutive de hausse du dirham, euro revenu à son niveau de début octobre, taux interbancaire ancré à 2,25 % et marché liquide. Nous le disons comme nous le disions la semaine dernière, parce que c'est la même chose qui reste vraie : aucune intervention officielle ne soutient ce cours, donc cette fenêtre n'est pas garantie, et une couverture se décide pendant qu'elle est ouverte.
Les droits d'importation sur le bétail, les viandes et les abats seraient supprimés au 1er janvier, et les intrants d'alimentation animale ramenés de 10, 30 ou 40 % à 2,5 %. Demandez dès maintenant une grille conditionnelle applicable en janvier : un fournisseur qui refuse de s'engager vous indique qu'il compte conserver la baisse. L'avantage va à celui qui pose la question avant le vote, pas après.
L'inflation est repassée en positif, l'alimentaire monte de 1,6 % sur le mois et le transport de 9,4 % sur un an, pendant que la totalité du paquet de pouvoir d'achat prend effet en janvier 2027. Une PME qui a bâti sa fin d'année sur l'annonce des mesures sociales va rencontrer la hausse des coûts quatre mois avant d'en voir l'effet sur la demande.
Autorité : Direction Générale des Impôts, plateforme SIMPL, et Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Au 31 octobre 2026 : déclaration et paiement de la TVA de septembre pour le régime mensuel, déclaration de la TVA du troisième trimestre pour le régime trimestriel, déclaration et paiement des cotisations CNSS de septembre. Nouveauté de la semaine à inscrire à l'agenda 2027 : le PLF prévoit qu'à compter du 1er janvier 2027 les transitaires agréés devront se conformer à un cahier des charges fixé par l'administration, les transitaires déjà agréés disposant de douze mois après sa publication. Si vous importez, cette obligation est celle de votre prestataire et son défaut devient votre blocage en douane. Deux réserves maintenues : la source professionnelle se contredit sur la date CNSS, vérifiez la vôtre auprès de la CNSS ; et la déclaration trimestrielle des délais de paiement au titre de la loi 69-21, au-dessus de 2 millions de dirhams de chiffre d'affaires, reste confirmée par un seul cabinet et non vérifiée au Bulletin officiel.
Partie 3 · Exécution
Partie 4 · Anticipation
The Morocco brief, every week
Plus the Pan-African CEO Brief and the full Morocco outlook.
Subscribe free