Brief d'Intelligence PME · Édition Maroc · N° 12.10–16.10
Semaine du lundi 12 au vendredi 16 octobre 2026. Huit développements, filtrés sur une seule question : qu'est-ce qu'un dirigeant de PME marocaine doit faire différemment cette semaine ?
Compilé et édité par Olawale Osoba, Fondateur et Rédacteur en Chef · GrowthIntelAfrica
Seuls les faits survenus entre le lundi 12 et le vendredi 16 octobre 2026 sont traités comme l'actualité de la semaine. Semaine dense : deux publications du HCP qui se contredisent en apparence, un gouvernement nommé vendredi, la première baisse du gasoil depuis juillet, et une cargaison de gasoil russe qui met le cap sur le Maroc. Deux événements majeurs tombent le samedi 17 octobre, soit un jour hors fenêtre : le premier Conseil des ministres et l'adoption des orientations du PLF 2027. Ils sont traités comme tels et clairement datés.
Le Haut-Commissariat au Plan a publié deux documents à un jour d'intervalle. Le premier estime l'inflation du troisième trimestre à 0,3 %, avec des prix alimentaires en recul de 3,6 %. Le second, son enquête auprès des ménages, montre que 95,9 % d'entre eux ont constaté une hausse des prix alimentaires sur les douze derniers mois. Les deux sont de la même institution. C'est le second qui décrit le comportement d'achat auquel vous faites face.
Prix alimentaires, douze derniers mois
Capacité à épargner, douze prochains mois
Niveau de vie, douze derniers mois
Prix alimentaires, douze prochains mois
Moment favorable pour acheter des biens durables
Chômage, douze prochains mois
Niveau de vie, douze prochains mois
Lecture : chaque barre totalise 100 % des réponses. Sur trois questions, niveau de vie passé, niveau de vie à venir et prix alimentaires à venir, la source publie les trois modalités et nous les reproduisons telles quelles ; sur une quatrième, la capacité d'épargne, les deux modalités publiées bouclent à elles seules. Sur les trois autres, prix alimentaires passés, biens durables et chômage, la source ne détaille que les deux extrêmes : le segment central est le résidu que nous avons calculé pour atteindre 100 %, et non une donnée publiée. Pour les prix alimentaires des douze prochains mois, la source indique « moins de 1 % » en baisse, que nous portons à 1,0 % pour boucler la barre. Sources : HCP, enquête de conjoncture auprès des ménages du troisième trimestre 2026, page institutionnelle consultée, mise en ligne le jeudi 15 octobre 2026 ; détail des modalités via Hespress, 15 octobre 2026. L'opposition avec l'inflation mesurée est notre mise en regard, traitée à l'item 01.
Partie 1 · Les développements
Mercredi 14 et jeudi 15 octobre · Ménages
Ce qui s'est passé
Le 14 octobre, le point de conjoncture du HCP estime l'inflation du troisième trimestre 2026 à 0,3 %, avec des prix alimentaires en baisse de 3,6 % et des prix non alimentaires en hausse de 2,4 %. Le 15 octobre, l'enquête de conjoncture du même HCP auprès des ménages donne un indice de confiance de 59,2 points, contre 60,1 au deuxième trimestre et 53,6 au troisième trimestre 2025. Dans cette enquête, 95,9 % des ménages déclarent avoir constaté une hausse des prix alimentaires sur les douze derniers mois et 0,4 % une baisse. 76,3 % jugent que leur niveau de vie s'est dégradé. 92,5 % ne prévoient pas d'épargner dans les douze prochains mois, le solde de capacité d'épargne tombant à moins 85 points contre moins 80,9 au trimestre précédent. 39 % ont puisé dans leur épargne ou emprunté pour couvrir leurs dépenses. 63,8 % estiment que le moment n'est pas favorable à l'achat de biens durables.
Pourquoi c'est important
Un prix de vente se négocie contre une perception, pas contre un indice. Si vous décidez d'une hausse tarifaire en vous appuyant sur une inflation officielle de 0,3 %, vous la présenterez à des clients dont 95,9 % sont convaincus que l'alimentaire a augmenté, dont 76,3 % estiment avoir perdu du niveau de vie et dont 39 % ont déjà entamé leur épargne ou emprunté. La hausse sera perçue comme abusive quelle que soit sa justification comptable. Le second enseignement est plus opérationnel encore : avec 92,5 % de ménages qui n'envisagent pas d'épargner et 63,8 % qui jugent le moment défavorable aux biens durables, la demande se déplace vers les petits montants, les fractionnements de paiement et le remplacement différé. Une PME qui vend de l'équipement, du mobilier, de l'électroménager ou tout achat reportable doit traiter le quatrième trimestre comme un marché de financement, pas comme un marché de produit.
Sources primaires : Haut-Commissariat au Plan, « Les résultats de l'enquête de conjoncture auprès des ménages, troisième trimestre de l'année 2026 », page institutionnelle consultée et lue, mise en ligne le jeudi 15 octobre 2026 à 08h00 (indice à 59,2 points, 60,1 au T2, 53,6 au T3 2025). Détail des modalités : Hespress, « HCP : 92,5 % des ménages ne prévoient pas d'épargner dans les douze prochains mois », 15/10/2026 à 14h25, ouvert et lu intégralement. Inflation et prix alimentaires du T3 : point de conjoncture du HCP via Le Nouvelliste, 14/10/2026, ouvert et lu intégralement.
Mercredi 14 octobre · Conjoncture
Ce qui s'est passé
Le point de conjoncture du HCP estime la croissance du troisième trimestre 2026 à 4,1 %, après 4 % au deuxième et 4,6 % au premier, et prévoit 4,7 % au quatrième trimestre. Cette prévision est explicitement conditionnée à la stabilité des prix de l'énergie et à l'absence de perturbation majeure nouvelle. Un scénario alternatif porte la croissance du quatrième trimestre à 5,3 % si les contraintes énergétiques se desserrent et si les prix du pétrole reculent, avec une industrie qui repasserait à plus 1,6 %. Dans le détail du troisième trimestre, la valeur ajoutée du secteur secondaire se contracte de 1,9 %, après moins 3,9 % au deuxième trimestre. Les services progressent de 3,9 % et la valeur ajoutée agricole de 19,9 %. La consommation des ménages augmente de 4,1 %, avec 4,3 % attendus au quatrième trimestre, et l'investissement de 6,2 %, avec 6,8 % attendus.
Pourquoi c'est important
Depuis trois éditions, nous suivons la contraction du secteur secondaire comme le fait le plus important du cycle pour une PME industrielle. Ce chiffre s'améliore : moins 1,9 % au troisième trimestre contre moins 3,9 % au deuxième. L'industrie, la construction et l'énergie reculent encore, mais la pente s'est inversée. Le point décisif est ailleurs : le HCP ne présente pas le quatrième trimestre comme une prévision unique mais comme un embranchement, et il nomme la variable, le prix de l'énergie. Pour un dirigeant, cela transforme une publication statistique en outil de pilotage. Vous n'avez pas à deviner si votre carnet du quatrième trimestre sera à 4,7 % ou à 5,3 % de croissance ambiante : vous avez à surveiller une seule chose, le prix du gasoil, et les items 03 et 04 montrent que cette variable a commencé à bouger.
Source : HCP, point de conjoncture, via Le Nouvelliste Maroc, « Croissance, inflation, investissement : ce que prévoit le HCP pour la fin de 2026 », 14/10/2026, ouvert et lu intégralement (4,6 % au T1, 4 % au T2, 4,1 % estimés au T3, 4,7 % prévus au T4 sous condition de stabilité énergétique, 5,3 % en scénario favorable avec industrie à plus 1,6 %, secondaire à moins 1,9 % après moins 3,9 %, services à 3,9 %, agricole à 19,9 %, consommation à 4,1 % puis 4,3 %, investissement à 6,2 % puis 6,8 %, exportations en volume de 7,6 % à 6,2 %, inflation du T3 à 0,3 %). Reprises concordantes : Le Matin, Aujourd'hui le Maroc, Lebrief, Medi1News (14 et 15/10/2026). Note du HCP non ouverte : pondération ★★★ sur la lecture de l'article, non sur le document source.
Jeudi 15 et vendredi 16 octobre · Énergie
Ce qui s'est passé
La révision du 16 octobre a abaissé le gasoil de 20 centimes le litre et laissé l'essence inchangée. À Casablanca, le gasoil passe d'environ 16,10 à 16,18 dirhams à environ 15,90 à 15,98 dirhams, repassant sous la barre des 16. En prix indicatifs nationaux, une autre source donne un gasoil à environ 15,61 dirhams contre 15,81 auparavant, et une essence stable à environ 15,33 dirhams. Après la baisse, le gasoil reste plus cher que l'essence de 27 à 39 centimes à Casablanca. C'est la première baisse après six hausses successives depuis la mi-juillet, dont celle du 1er octobre qui avait ajouté 80 centimes au gasoil et 39 centimes à l'essence. Les prix à la pompe reflètent des cargaisons achetées au moins deux semaines plus tôt.
Pourquoi c'est important
La direction a changé, l'ampleur ne doit tromper personne. Le gasoil a rendu 20 centimes sur les 80 ajoutés le 1er octobre, soit un quart, et l'essence n'a rien rendu du tout. Pour une flotte, le coût reste très supérieur à celui de juillet. Deux faits méritent d'entrer dans vos calculs. Le premier est que le gasoil demeure plus cher que l'essence, ce qui est contre-intuitif pour un carburant professionnel et pèse sur l'arbitrage d'un renouvellement de véhicules utilitaires légers. Le second est le décalage de deux semaines entre l'achat des cargaisons et le prix affiché : la baisse du 16 octobre ne reflète donc pas les mouvements de marché les plus récents, ce qui veut dire que l'essentiel de l'effet attendu, s'il se confirme, se jouera aux révisions du 1er et du 16 novembre.
Sources : Le360, « Carburants : le gasoil en baisse de 20 centimes dès ce jeudi soir », 15/10/2026 à 17h15, ouvert et lu intégralement (fourchettes de Casablanca de 16,10-16,18 à 15,90-15,98 DH/L, écart de 27 à 39 centimes avec l'essence, six hausses successives depuis la mi-juillet, décalage de deux semaines sur les cargaisons). Le Matin, 15/10/2026 à 19h20, ouvert et lu intégralement (prix indicatifs nationaux, gasoil de 15,81 à 15,61 DH/L, essence stable à 15,33 DH/L, rappel de la révision du 1er octobre à plus 80 et plus 39 centimes). Reprises concordantes : Hespress, H24Info, Lebrief, Alyaoum24 (15 et 16/10/2026).
Jeudi 15 octobre · Approvisionnement
Ce qui s'est passé
Selon des données de suivi maritime du London Stock Exchange Group citées par Reuters, un navire transportant environ 40 000 tonnes de gasoil à très faible teneur en soufre a chargé le 13 octobre au port russe de Primorsk, en mer Baltique, à destination du Maroc. Le nom du navire, le port d'arrivée marocain, l'acheteur et les conditions de la vente ne sont pas connus, et il n'est pas établi si la cargaison est destinée au marché intérieur marocain ou à un transit. Ce mouvement intervient après deux décisions. Le 9 octobre, l'Office of Foreign Assets Control du Trésor américain a émis la licence générale n° 135, qui autorise sous conditions certaines opérations de vente, livraison, déchargement et importation de gasoil d'origine russe. Le 10 octobre, la Russie a partiellement levé ses restrictions à l'exportation de gasoil, mesures qui avaient été prolongées jusqu'à fin janvier 2027. À la mi-octobre, le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a déclaré à Reuters que les exportations de gasoil pourraient retrouver un volume mensuel habituel de 3 à 3,5 millions de tonnes d'ici la fin de l'année, sous réserve que les flux commerciaux attendus se matérialisent.
Pourquoi c'est important
Jusqu'ici, la crise du distillat se lisait pour une PME marocaine comme un prix. Elle devient une question d'approvisionnement physique, et le Maroc apparaît dans les données de navigation comme une destination. Si des cargaisons russes décotées entrent durablement dans le mix d'importation marocain, c'est la base de coût du gasoil qui se déplace, et pas seulement la cotation d'un marché européen. Pour autant, ne construisez rien sur cette cargaison : son volume est celui d'un navire, l'acheteur est inconnu, et il est possible qu'elle ne soit pas destinée aux pompes marocaines. Ce qu'il faut retenir pour décider, c'est qu'un verrou réglementaire a sauté le 9 octobre et qu'un flux interrompu peut reprendre, ce qui rend le scénario de détente du HCP moins théorique qu'il ne l'était il y a quinze jours.
Sources : Le360 English, « Tanker carrying 40,000 tonnes of Russian diesel heads to Morocco », 15/10/2026 à 16h30, ouvert et lu intégralement (chargement à Primorsk le 13 octobre, gasoil à très faible teneur en soufre, licence générale OFAC n° 135 du 9 octobre, levée partielle russe du 10 octobre, prolongation des mesures jusqu'à fin janvier 2027, déclaration Novak sur 3 à 3,5 millions de tonnes mensuelles, données LSEG via Reuters). Hespress English, 15/10/2026 à 16h00, ouvert et lu intégralement (port d'arrivée non identifié, acheteur non identifié, conditions de vente non rapportées, destination intérieure ou transit non établie). Les deux sources s'appuient sur la même dépêche Reuters.
Vendredi 16 octobre · Institutions
Ce qui s'est passé
Le Roi Mohammed VI a nommé le vendredi 16 octobre les membres du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, qui avait été nommée cheffe du gouvernement le 29 septembre. La coalition réunit le PAM, l'Istiqlal, l'USFP et le PPS, soit 207 sièges à la Chambre des représentants, neuf de plus que les 198 nécessaires à la majorité absolue. Le PAM avait annoncé l'accord le 12 octobre. Fouzi Lekjaa devient ministre de l'Économie, des Finances et de la Performance publique, sans ministère du Budget distinct. Ryad Mezzour conserve l'Industrie et le Commerce, avec un périmètre élargi à l'Investissement et à l'Inclusion économique. Khalid Hatimy prend l'Agriculture, la Pêche maritime et la Souveraineté alimentaire. Charafat Afailal prend l'Énergie, les Mines et le Développement durable. Abdessamad Kayouh est aux Transports et à la Logistique, Ahmed Rahhou à l'Intelligence artificielle, la Transformation numérique et la Réforme de l'administration, Abderrahim Chahid à l'Emploi et au Dialogue social, et Abdelouafi Laftit reste à l'Intérieur. L'ensemble compte environ dix-neuf portefeuilles ministériels, auxquels s'ajoutent onze ministres délégués.
Pourquoi c'est important
Pour une PME, trois informations comptent dans cette liste. La première est que le ministère de l'Économie et des Finances concentre désormais aussi le budget, ce qui réduit le nombre d'interlocuteurs sur les arbitrages de dépense et sur le paiement de la commande publique. La deuxième est que l'Industrie absorbe l'Investissement et l'Inclusion économique : les dispositifs de soutien à l'investissement et les sujets de TPE-PME relèvent du même ministre que la politique industrielle, ce qui simplifie le guichet mais concentre aussi la décision. La troisième est la lecture des intitulés : « Souveraineté alimentaire » et « Intelligence artificielle » apparaissent dans des titres ministériels une semaine après un discours royal qui les désignait comme priorités. Ce que cela change concrètement cette semaine, c'est que vos dossiers en instance ont de nouveau un destinataire, et que la fenêtre utile pour se faire connaître d'un cabinet qui se constitue est courte.
Source : Médias24, « Officiel. Voici la composition du gouvernement El Mansouri », 16/10/2026 à 15h26, mise à jour à 16h29, ouvert et lu intégralement (nomination royale du 16 octobre, coalition PAM, Istiqlal, USFP et PPS à 207 sièges contre 198 requis, accord annoncé par le PAM le 12 octobre, portefeuilles et titulaires cités, onze ministres délégués, Hassan Tariq secrétaire général du gouvernement). Reprises concordantes : Finances News Hebdo, Le Desk, H24Info (16/10/2026).
Semaine du 8 au 14 octobre · Monnaie et crédit
Ce qui s'est passé
Le bulletin des indicateurs hebdomadaires de Bank Al-Maghrib montre qu'entre le 8 et le 14 octobre, le dirham s'est apprécié de 1,26 % face au dollar et de 1,39 % face à l'euro. La semaine précédente, du 1er au 7 octobre, il s'était déprécié de 2,95 % face au dollar et de 1,47 % face à l'euro. Aucune opération d'adjudication n'a été réalisée sur le marché des changes sur l'une ou l'autre de ces deux semaines. Les avoirs officiels de réserve s'établissent à 515,4 milliards de dirhams au 9 octobre, en baisse de 0,1 % sur une semaine et en hausse de 22,6 % sur un an, après 515,7 milliards au 2 octobre. Les interventions de la banque centrale ont représenté en moyenne 148 milliards de dirhams par jour, dont 52,6 milliards d'avances à sept jours, 44,9 milliards de pensions livrées et 50,5 milliards de prêts garantis. Le volume quotidien moyen du marché interbancaire s'élève à 3,3 milliards de dirhams, à un taux de 2,25 %. En marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, Jason Wu, directeur adjoint du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI, a déclaré à la MAP que le système bancaire marocain « reste solide, liquide et rentable, et assez bien capitalisé ».
Pourquoi c'est important
Notre édition de la semaine dernière faisait de la dépréciation du dirham la principale menace, parce qu'elle absorbait la baisse du gasoil avant qu'elle n'atteigne la pompe. Ce mouvement s'est partiellement inversé. Le fait le plus instructif n'est pourtant pas le rebond, c'est son mode : la banque centrale n'a réalisé aucune adjudication de change ni dans la semaine de chute ni dans la semaine de reprise. Autrement dit, il n'y a pas de niveau défendu, le change se fait dans la bande et un importateur ne peut compter sur aucun plancher implicite. En contrepartie, les conditions de financement sont confortables : des réserves en hausse de 22,6 % sur un an, une banque centrale qui injecte près de 148 milliards de dirhams par jour, un taux interbancaire ancré à 2,25 % et un FMI qui qualifie les banques de solides et liquides. Pour une PME, cela signifie que le crédit n'est pas le point de tension du moment, et que le coût de couverture de change est un investissement plus justifié que la négociation du taux d'un emprunt.
Sources : Bank Al-Maghrib, bulletin des indicateurs hebdomadaires, via Medi1News avec la MAP, 17/10/2026 à 00h14, ouvert et lu intégralement (données du 8 au 14 octobre, réserves au 9 octobre, interventions, interbancaire, adjudication du 14 octobre de 51,8 MMDH). Semaine précédente : Le Reporter, 09/10/2026, ouvert et lu intégralement (données du 1er au 7 octobre, réserves de 515,7 MMDH au 2 octobre, interventions de 155,1 MMDH par jour, interbancaire de 3,4 MMDH). Déclaration du FMI : revue de presse Hespress du 15/10/2026 citant Al Bayane, propos recueillis par la MAP, article d'origine non ouvert, pondération ★★. Le bulletin publié le 17 octobre porte sur des données de la fenêtre et est signalé comme tel.
Mercredi 14 octobre · Commande publique
Ce qui s'est passé
À l'ouverture du deuxième Forum international sur le financement des projets ferroviaires en Afrique, coorganisé par l'Union internationale des chemins de fer et l'ONCF, le ministre des Transports et de la Logistique Abdessamad Kayouh a annoncé un programme d'investissement de 134 milliards de dirhams à l'horizon 2030, programme initial et programme complémentaire confondus. Il comprend l'extension de la ligne à grande vitesse de Kénitra à Marrakech, le raccordement du nouveau port Nador West Med au réseau ferroviaire, le développement de trains de proximité dans les grandes agglomérations, la modernisation du réseau existant et l'acquisition de 168 nouveaux trains. Le discours, lu par le secrétaire général du ministère Zine El Abidine Britel, indique que des ressources financières importantes « doivent être mobilisées », évoque des instruments de financement verts et un renforcement de la gestion du risque financier, ainsi qu'un cadre contractuel entre l'État et l'ONCF portant sur le programme, ses modalités de financement et les engagements de chaque partie. La source ne décrit pas le financement comme acquis et ne ventile pas le total entre les deux programmes.
Pourquoi c'est important
C'est la deuxième semaine consécutive où la leçon est la même : distinguez ce qui est annoncé de ce qui est payable. La semaine dernière, à Casablanca-Settat, l'écart utile était entre 92,7 milliards de conventions adoptées et 59 milliards visées. Ici, un programme de 134 milliards est présenté dans un forum dont l'objet même est de trouver l'argent, et le ministère écrit que les ressources doivent être mobilisées. Cela ne veut pas dire que le programme ne se fera pas : il est adossé à l'échéance de 2030 et à la Coupe du monde, ce qui lui donne une contrainte de calendrier rare. Cela veut dire que la séquence commerciale pour une PME n'est pas « me positionner sur 134 milliards » mais « identifier les lots déjà financés ». L'acquisition de 168 trains et la modernisation du réseau existant sont les postes qui génèrent le plus vite de la sous-traitance accessible, en maintenance, en pièces, en génie civil courant et en services aux chantiers.
Source : La Vie Éco, « Mobilité : 134 MMDH pour étendre et moderniser le réseau ferroviaire », 14/10/2026 à 16h00, mise à jour à 16h16, ouvert et lu intégralement (134 MMDH programme et programme complémentaire à l'horizon 2030, extension LGV Kénitra-Marrakech, raccordement de Nador West Med, trains de proximité, modernisation du réseau, 168 trains, ressources « doivent être mobilisées », instruments de financement verts, cadre contractuel État-ONCF, annonce du 14 octobre par Abdessamad Kayouh, discours lu par Zine El Abidine Britel, forum coorganisé par l'UIC et l'ONCF jusqu'au 15 octobre). Reprises concordantes : Telquel, La Nouvelle Tribune, H24Info (14/10/2026).
Mardi 13 octobre · Industrie
Ce qui s'est passé
Safran Electrical & Power a inauguré le mardi 13 octobre une extension de 5 700 mètres carrés de son site d'Aïn Atiq, portant la surface totale à 31 400 mètres carrés, avec 400 emplois supplémentaires prévus. Le site emploie actuellement 1 610 personnes, dont 87 % de femmes, et vise près de deux millions d'heures de production en 2026. Il fabrique des câblages électriques aéronautiques et compte parmi les plus grands de son type au monde. Le ministre de l'Industrie et du Commerce Ryad Mezzour a salué « la confiance renouvelée du groupe Safran envers le Maroc ». Le président de Safran Electrical & Power Bruno Bellanger a déclaré que « cette extension illustre la solidité du partenariat entre le Maroc et le groupe » et cité d'autres investissements à Casablanca, dont les moteurs électriques et les freins de trains d'atterrissage. La présidente de Safran Electrical & Power Maroc Leïla El Ghrib a insisté sur les liens avec les universités et les écoles de formation pour le recrutement. Le montant de l'investissement n'est pas communiqué.
Pourquoi c'est important
La semaine dernière, nous signalions un risque de tension salariale sur les profils techniques après l'annonce de trois protocoles aéronautiques pour 950 emplois directs, dont 750 dans le câblage électrique. Cette semaine, une seconde extension dans exactement la même activité ajoute 400 postes. Pour une PME industrielle, le signal n'est plus anecdotique : la demande de main-d'œuvre qualifiée dans le câblage, le traitement de surface et l'usinage augmente par paliers successifs, et les grands donneurs d'ordre recrutent directement auprès des universités et des écoles, c'est-à-dire en amont du marché où vous recrutez. L'autre lecture est commerciale : une extension de 5 700 mètres carrés et un objectif de deux millions d'heures de production supposent des achats de proximité, de la maintenance, de l'outillage, de la logistique interne et des services généraux, qui se contractualisent au moment de la montée en cadence.
Source : Médias24, « Aéronautique : Safran inaugure une extension à Aïn Atiq et prévoit 400 emplois supplémentaires », 13/10/2026 à 18h04, mise à jour à 19h44, ouvert et lu intégralement (5 700 m² d'extension pour un total de 31 400 m², 400 emplois prévus, 1 610 salariés dont 87 % de femmes, près de deux millions d'heures de production visées en 2026, câblages électriques aéronautiques, vingtième anniversaire du site, citations de Ryad Mezzour, Bruno Bellanger et Leïla El Ghrib). Reprises concordantes : Aujourd'hui le Maroc, Telquel, LesEco, Medi1News (13 et 14/10/2026).
Un manque refermé. Depuis six éditions, nous signalions l'impossibilité de consulter le bulletin hebdomadaire de Bank Al-Maghrib. Ses données nous parviennent désormais par la presse d'agence qui les reprend, et elles alimentent l'item 06, avec deux semaines de série sur le change, les réserves, la liquidité et l'interbancaire. Nous n'avons toujours pas ouvert le document source sur le site de la banque centrale, et nous le disons plutôt que de laisser croire à une consultation directe.
Un chiffre écarté, parce que deux versions circulent. Une revue de presse du 16 octobre évoque 28 milliards de dirhams d'investissement pour sept plateformes aéroportuaires, annoncés au Marrakech Air Show. D'autres sources évoquent 38 milliards à l'horizon 2030, et l'article que nous avons ouvert pour trancher s'est révélé dater d'avril 2025, où le même chiffre de 28 milliards était déjà annoncé au Parlement. Ne pouvant établir ni le périmètre de chaque montant ni ce qui serait nouveau cette semaine, nous ne publions aucun chiffre d'investissement aéroportuaire.
Une qualification refusée. Plusieurs agrégateurs ont présenté la cargaison de gasoil russe comme la première depuis la reprise des exportations. Nos deux sources de référence, qui s'appuient toutes deux sur la même dépêche Reuters, ne l'écrivent pas, et l'une d'elles précise qu'il n'est pas établi que ce navire relève des flux supplémentaires attendus. Nous nous en tenons à ce que disent les sources.
Deux faits majeurs hors fenêtre. Le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement s'est tenu le samedi 17 octobre, un jour après la clôture de cette édition, et a adopté les orientations générales du PLF 2027. Nous les traitons dans l'encadré de conformité et dans la rubrique d'anticipation, datées comme telles, et non comme l'actualité de la semaine.
La facturation électronique, huitième semaine. Aucune confirmation de publication au Bulletin officiel du décret d'application. Position inchangée : préparez-vous comme si les dates circulant étaient fermes, mais ne contractualisez rien sur une date que le Bulletin officiel n'a pas consacrée.
L'indice des prix à la consommation de septembre n'était pas publié à la clôture. Le chiffre d'inflation de 0,3 % cité dans cette édition est une estimation trimestrielle du point de conjoncture, pas l'indice mensuel définitif.
Un chiffre que deux sources contredisent ne devient pas vrai parce qu'il est pratique.
Partie 2 · Le verdict
Les indicateurs macroéconomiques s'améliorent tous, et nous le disons sans réserve. La contraction industrielle est passée de moins 3,9 % à moins 1,9 %. Le gasoil a baissé pour la première fois depuis juillet. Le dirham a repris 1,26 % face au dollar. Les réserves de change sont supérieures de 22,6 % à leur niveau d'il y a un an, le marché interbancaire est liquide à 2,25 % et le FMI juge les banques solides. Le pays s'est doté vendredi d'un gouvernement majoritaire après trois semaines de consultations. Sur le papier, c'est la meilleure semaine depuis la mi-juillet.
Dans le même temps, l'enquête du HCP auprès des ménages décrit un pays où 76,3 % des gens estiment que leur niveau de vie s'est dégradé, où 95,9 % ont constaté une hausse des prix alimentaires malgré un indice qui les mesure en recul de 3,6 %, où 39 % ont puisé dans leur épargne ou emprunté pour boucler leurs fins de mois, et où 92,5 % n'envisagent pas d'épargner dans l'année qui vient. Le solde de capacité d'épargne est au plus bas des trois points de comparaison publiés.
C'est cet écart qui définit la semaine, et c'est lui qui doit guider vos décisions commerciales. Les deux séries ne se contredisent pas vraiment : l'une mesure des agrégats, l'autre une perception, et une perception est ce qui détermine un acte d'achat. Une PME qui lit les indicateurs macro conclura que le quatrième trimestre autorise une hausse tarifaire et un lancement premium. Une PME qui lit l'enquête ménages conclura qu'il faut du petit panier, du paiement fractionné et une entrée de gamme. La seconde aura raison sur son chiffre d'affaires, la première aura raison sur sa prévision de croissance.
Le fil pratique est le même que la semaine dernière, déplacé d'un cran : distinguez l'annoncé du payable. Un programme ferroviaire de 134 milliards dont le ministère écrit que le financement doit être mobilisé. Une cargaison de gasoil russe dont on ignore l'acheteur et la destination finale. Une baisse de carburant qui ne restitue qu'un quart de la hausse précédente. Dans les trois cas, la nouvelle est bonne et la quantité est petite. Dimensionnez vos décisions sur la quantité, pas sur la nouvelle.
Avec 63,8 % des ménages jugeant le moment défavorable à l'achat de biens durables et 92,5 % sans intention d'épargne, la demande sur tout achat reportable se joue désormais sur la capacité de paiement mensuelle, pas sur le prix affiché. Mettre en place ou mettre en avant un paiement fractionné avant les fêtes est le levier à effet le plus rapide identifié cette semaine, et il ne coûte pas de marge comme une remise.
L'écart entre une inflation mesurée à 0,3 %, des prix alimentaires en recul de 3,6 %, et 95,9 % de ménages convaincus du contraire est un piège de gestion. Toute hausse tarifaire justifiée par les indices sera reçue comme abusive par une clientèle dont 76,3 % pensent avoir perdu du niveau de vie. Le risque n'est pas macroéconomique, il est commercial et immédiat.
Autorité : Direction Générale des Impôts, plateforme SIMPL, et Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Échéance dans douze jours. Au 31 octobre 2026 : déclaration et paiement de la TVA de septembre pour le régime mensuel, déclaration de la TVA du troisième trimestre pour le régime trimestriel, déclaration et paiement des cotisations CNSS de septembre. Le changement de gouvernement ne déplace aucune échéance fiscale, et un ministère renommé ne modifie ni les plateformes ni les dates. Deux réserves maintenues depuis la semaine dernière, que nous republions plutôt que de les taire : la source professionnelle consultée se contredit sur la date CNSS, qu'elle situe tantôt au 10 du mois suivant, tantôt au dernier jour, donc vérifiez la vôtre auprès de la CNSS ; et la déclaration trimestrielle des délais de paiement au titre de la loi 69-21, obligatoire au-dessus de 2 millions de dirhams de chiffre d'affaires hors taxe avec des amendes de 5 000 à 250 000 dirhams, n'est confirmée que par un seul cabinet et reste non vérifiée au Bulletin officiel comme auprès de la DGI.
Partie 3 · Exécution
Partie 4 · Anticipation
The Morocco brief, every week
Plus the Pan-African CEO Brief and the full Morocco outlook.
Subscribe free