Weekly Intelligence · 🇲🇦 Morocco

Week ending 9 Oct 2026

Maroc desk · en français · brief 9 of 12

PRIX À L'IMPORT T2 énergie +53,1% · minerais bruts +97% · conso. finis +0,8% G7 100 MILLIONS DE BARILS sur 4 mois · ICE Gasoil −5% DIRHAM 5 OCT. 9,9779 DH/USD · 11,1799 DH/EUR DISCOURS ROYAL 9 OCT. « aucun retard n'est plus tolérable » PLF 2027 DÉPÔT AU 20 OCTOBRE · gouvernement non formé AÉRONAUTIQUE 3 protocoles · 950 EMPLOIS DIRECTS TOURISME 15,7 M d'arrivées à fin sept. · +5% · septembre +8% CASABLANCA-SETTAT 240 conventions visées · 59 MMDH PRIX À L'IMPORT T2 énergie +53,1% · minerais bruts +97% · conso. finis +0,8% G7 100 MILLIONS DE BARILS sur 4 mois · ICE Gasoil −5% DIRHAM 5 OCT. 9,9779 DH/USD · 11,1799 DH/EUR DISCOURS ROYAL 9 OCT. « aucun retard n'est plus tolérable » PLF 2027 DÉPÔT AU 20 OCTOBRE · gouvernement non formé AÉRONAUTIQUE 3 protocoles · 950 EMPLOIS DIRECTS TOURISME 15,7 M d'arrivées à fin sept. · +5% · septembre +8% CASABLANCA-SETTAT 240 conventions visées · 59 MMDH

Brief d'Intelligence PME · Édition Maroc · N° 05.10–09.10

Le gasoil mondial baisse enfin. Le dirham en reprend une partie.

Semaine du lundi 5 au vendredi 9 octobre 2026. Huit développements, filtrés sur une seule question : qu'est-ce qu'un dirigeant de PME marocaine doit faire différemment cette semaine ?

Périmètre de cette édition

Seuls les faits survenus entre le lundi 5 et le vendredi 9 octobre 2026 sont traités comme l'actualité de la semaine. Deux publications statistiques lundi, un marché pétrolier retourné par une décision du G7, un dirham qui frôle les 10 dirhams pour un dollar, un discours royal vendredi devant un Parlement dont l'exécutif n'est pas encore formé. Cette édition contient aussi une correction : nous avons manqué, la semaine dernière, la décision du G7 du 2 octobre. Elle figure dans la note de méthode.

Échelle de confiance des sources

  • ★★★ VÉRIFIÉSource primaire institutionnelle consultée, ou article ouvert et lu intégralement.
  • ★★ SOURCÉDonnée institutionnelle reprise de façon concordante par plusieurs titres, document original non ouvert.
  • ★ SIGNALÉVu en extrait de recherche uniquement. À pondérer plus faiblement.

Le choc des prix d'importation n'est pas général. Il est concentré.

Le Haut-Commissariat au Plan a publié lundi les indices du commerce extérieur du deuxième trimestre. Les prix à l'import montent de 10 %. Mais sept catégories sur huit ne bougent presque pas : la quasi-totalité de la hausse vient de l'énergie et des minerais bruts. Et sur presque toutes les lignes, les prix à l'export marocains montent plus vite que les prix à l'import.

Valeur unitaire à l'importation Valeur unitaire à l'exportation Variation sur un an, T2 2026

Produits bruts d'origine minérale

IMP+97,0%
EXP+7,6%

Énergie et lubrifiants

IMP+53,1%
EXP+44,5%

Demi-produits

IMP+4,6%
EXP+23,4%

Alimentation, boissons et tabac

IMP−0,6%
EXP+16,2%

Équipement agricole fini

IMP−3,3%
EXP+14,4%

Équipement industriel fini

IMP+1,2%
EXP+5,0%

Biens de consommation finis

IMP+0,8%
EXP+3,6%

Ensemble

IMP+10,0%
EXP+10,9%

Lecture : les barres sont proportionnelles aux variations publiées, à une réserve près, les plus petites d'entre elles conservant une largeur minimale de deux pixels pour rester visibles ; à cette échelle, lisez-les comme « quasi nulles » et fiez-vous au chiffre. Le trait vertical marque le zéro ; deux barres partent vers la gauche, ce sont les seules baisses. Source : Haut-Commissariat au Plan, indices du commerce extérieur, deuxième trimestre 2026, page institutionnelle consultée, mise en ligne le lundi 5 octobre 2026. Avertissement : au sein d'une même catégorie, les biens importés et les biens exportés ne sont pas les mêmes produits ; l'écart entre les deux barres n'est donc pas une marge, c'est un rapport de prix entre deux paniers distincts.

Partie 1 · Les développements

Ce qui a bougé, et ce que ça vous coûte

01

Lundi 5 octobre · Statistiques

Vos intrants importés n'ont presque pas augmenté. Votre facture énergétique, si.

Risque 🟡 Moyen Horizon Immédiat ⚖️ Aucune action de conformité ★★★ Vérifié, source primaire

Ce qui s'est passé

Le Haut-Commissariat au Plan a mis en ligne lundi les indices du commerce extérieur du deuxième trimestre 2026. La valeur unitaire des importations augmente de 10 % sur un an, celle des exportations de 10,9 %. Le détail par groupe de produits montre une hausse très inégale. À l'import : énergie et lubrifiants +53,1 %, produits bruts d'origine minérale +97 %, demi-produits +4,6 %, équipement industriel fini +1,2 %, biens de consommation finis +0,8 %, alimentation et boissons −0,6 %, équipement agricole fini −3,3 %. À l'export : demi-produits +23,4 %, alimentation et boissons +16,2 %, équipement agricole +14,4 %, équipement industriel +5 %, biens de consommation +3,6 %.

+97%
Minerais bruts
prix à l'import
+53,1%
Énergie et lubrifiants
prix à l'import
+0,8%
Biens de conso. finis
prix à l'import
+23,4%
Demi-produits
prix à l'export

Pourquoi c'est important

« Tout augmente » est faux, et cette publication le démontre chiffre par chiffre. Si vous importez des biens de consommation, de l'équipement industriel ou des denrées alimentaires, le prix en devises de ce que vous achetez est resté à peu près stable au deuxième trimestre. Votre problème n'est donc pas le prix du produit : c'est l'énergie, et c'est le dirham. Cette distinction change la décision. Chercher un autre fournisseur ne réglera pas un surcoût qui vient du transport, de l'électricité et du change. En sens inverse, si vous exportez des demi-produits, de l'alimentaire ou de l'équipement agricole, vos prix de vente unitaires ont progressé de 14 à 23 % sur un an. C'est un pouvoir de fixation de prix que beaucoup d'exportateurs n'ont pas identifié et n'ont donc pas facturé.

Gagnants
Exportateurs de demi-produits, d'agroalimentaire et d'équipement agricole ; importateurs de biens de consommation et d'équipement, dont le prix en devises est stable ; distributeurs capables de démontrer que leur hausse est énergétique et non commerciale.
Perdants
Industriels énergo-intensifs ; transformateurs de minerais et acheteurs d'intrants miniers ; PME qui ont renégocié leurs achats en croyant à une inflation fournisseur générale ; toute activité dont le coût logistique est la part dominante.
Opportunité : à faire cette semaine
Reprenez votre dernière hausse de prix fournisseur et demandez-lui ce qui, dedans, relève du produit et ce qui relève de l'énergie et du change. Si votre fournisseur local vous a passé une hausse à deux chiffres sur un bien de consommation importé, les indices du HCP vous donnent un argument chiffré pour la contester. Et si vous exportez des demi-produits ou de l'agroalimentaire, vérifiez que vos tarifs 2026 ont suivi la valeur unitaire du secteur : un contrat signé en 2025 et non révisé vous fait perdre plus de 20 points.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé
Le HCP publie des indices, il ne commente pas ce que les entreprises devraient en faire. La distinction entre « hausse produit » et « hausse énergie et change » est notre grille d'interprétation. Deux limites importantes. D'abord, ces données portent sur le deuxième trimestre, avril à juin, et non sur la situation d'aujourd'hui. Ensuite, au sein d'une même catégorie, les biens que le Maroc importe et ceux qu'il exporte ne sont pas les mêmes produits : l'écart de 89 points sur les minerais bruts ne décrit pas une marge écrasée, il compare deux paniers différents. Nous n'avons pas pu consulter l'indice des termes de l'échange, qui n'apparaît pas sur la page consultée.

Source primaire : Haut-Commissariat au Plan, « Les indices du commerce extérieur (ICE) au Maroc, deuxième trimestre 2026 », page institutionnelle consultée et lue, mise en ligne le lundi 5 octobre 2026 à 08h00. Reprises concordantes : Hespress, EcoActu, La Nouvelle Tribune, Infomédiaire, Echos Plus (5 et 6 octobre 2026).

02

Lundi 5 octobre · Énergie · Correction

Le G7 débloque 100 millions de barils et le gasoil européen chute de 5 % : la première bonne nouvelle carburant depuis juillet

Risque 🟡 Moyen Horizon 30 jours ⚖️ Aucune action de conformité ★★★ Vérifié

Ce qui s'est passé

Le G7, en coordination avec l'Agence internationale de l'énergie, a annoncé le 2 octobre la libération de jusqu'à 100 millions de barils de gasoil et de brut sur quatre mois, avec effet immédiat. La proposition française initiale portait sur 50 millions de barils de gasoil, dont des volumes significatifs disponibles sous 20 jours. Le jour de l'annonce, le contrat ICE Gasoil a reculé de 5 % et le fioul domestique américain de 3 %. Le communiqué conjoint prévoit aussi une coordination du calendrier de maintenance des raffineries et un appel à éviter les restrictions à l'export entre membres. En parallèle, l'interdiction russe d'exporter du gasoil est prolongée jusqu'à fin octobre, et les flux de gasoil du Moyen-Orient restent inférieurs de moitié à leur niveau d'il y a un an.

−5%
ICE Gasoil
jour de l'annonce
100 M
Barils libérés
sur quatre mois
20 j
Délai annoncé pour
les premiers volumes
fin oct.
Fin de l'interdiction
d'export russe

Pourquoi c'est important

L'ICE Gasoil est la référence qui détermine réellement ce que vous payez à la pompe au Maroc, parce que le pays importe du produit raffiné coté sur le complexe européen. Depuis quatre éditions, nous répétions que le baril n'était pas le bon indicateur et que la contrainte portait sur le raffinage. C'est toujours vrai, mais pour la première fois depuis juillet, la référence pertinente a baissé nettement. La révision du 16 octobre est la première qui puisse en tenir compte. Trois réserves, toutes documentées. Les volumes promis peuvent ne pas se matérialiser, comme cela a été le cas après la libération de mars. L'interdiction russe court jusqu'à fin octobre. Et le correctif durable, selon l'analyse de marché que nous avons lue, passe par de la capacité de raffinage supplémentaire, pas par un déstockage.

Gagnants
Transport routier et livraison ; BTP ; agriculture irriguée au gasoil ; pêche ; toute PME qui a résisté à la tentation de verrouiller un prix carburant élevé sur douze mois.
Perdants
Opérateurs ayant couvert au plus haut sur une longue durée ; distributeurs ayant constitué du stock au prix fort ; entreprises qui ont déjà annoncé à leurs clients une hausse tarifaire justifiée par le carburant et devront l'expliquer si le prix recule.
Opportunité : à faire cette semaine
Ne verrouillez pas un contrat carburant long avant la révision du 16 octobre. Si vous négociez une couverture, privilégiez une durée courte ou une clause de révision, le temps de voir si les volumes du G7 arrivent réellement. Et préparez dès maintenant le message à vos clients dans les deux sens : si le prix baisse, c'est vous qui devez l'annoncer, pas eux qui doivent le réclamer. Une baisse répercutée volontairement vaut plus cher en relation commerciale qu'une baisse arrachée.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé · et une correction
Correction. Notre édition de la semaine dernière, publiée le 4 octobre, décrivait la tension sur le distillat au 2 octobre sans mentionner la décision du G7, annoncée ce même 2 octobre. C'est le principal fait de marché de la semaine et nous l'avons manqué. Notre diagnostic de fond, selon lequel la contrainte est le raffinage et non le brut, est confirmé par l'analyse que nous citons ici ; notre couverture de l'actualité, elle, était incomplète.

Analyse. Le lien entre la baisse de l'ICE Gasoil et le prix à la pompe marocain du 16 octobre est notre raisonnement, fondé sur le mode d'approvisionnement du pays ; aucune source ne l'établit et nous ne disposons d'aucune information sur la période de cotation exacte retenue par les distributeurs marocains. Nous avons par ailleurs lu une analyse de presse marocaine du 6 octobre esquissant des fourchettes de prix pour fin octobre et novembre : son titre est une question, elle qualifie elle-même ces chiffres « d'estimations et non de prévisions certaines » et conclut qu'il est trop tôt pour parler d'un retour durable à des prix plus bas. Nous ne reprenons donc pas ces fourchettes.

Sources : Kpler, « G7 diesel stock release resets European gasoil markets », 05/10/2026, ouvert et lu intégralement (100 millions de barils sur quatre mois avec l'AIE, proposition française de 50 millions, volumes sous 20 jours, ICE Gasoil −5 % et fioul domestique −3 %, interdiction russe prolongée à fin octobre, flux du Moyen-Orient inférieurs de moitié, précédent de mars, nécessité de capacité de raffinage). Al Jazeera, 03/10/2026, ouvert et lu (annonce du 2 octobre, coordination des maintenances, appel à éviter les restrictions à l'export, réactions d'analystes). Fourchettes de prix écartées : Alyaoum24, 06/10/2026, ouvert et lu.

03

Lundi 5 et mardi 6 octobre · Change

Le dirham frôle les 10 pour un dollar, et annule une partie de la baisse du gasoil

Risque 🔴 Élevé Horizon 90 jours ⚖️ Aucune action de conformité ★★★ Vérifié

Ce qui s'est passé

Au cours de référence de Bank Al-Maghrib du 5 octobre, l'euro vaut 11,1799 dirhams et le dollar 9,9779 dirhams, proche du seuil de 10. Depuis début août, l'euro a gagné 4,1 % face au dirham et le dollar 6,9 %. Le dirham évolue dans une bande de plus ou moins 5 % autour d'un cours central assis sur un panier composé à 60 % d'euro et 40 % de dollar. Les réserves de change s'élevaient à environ 500 milliards de dirhams à fin août et couvraient, à fin juillet, cinq mois et vingt-sept jours d'importations. L'économiste Abdelghani Youmni, cité par Le360, estime que « la baisse du dirham ne décrit pas une crise de change » et qualifie le niveau des réserves de très confortable. Il décrit en revanche une inflation « doublement importée », par l'énergie et par le coût des équipements, matières premières et intrants achetés à l'étranger.

Dollar, 23 sept.9,591→9,9779Au 5 octobre. Quatre relevés successifs, tous orientés dans le même sens.
Euro, semaine du 2310,945→11,1799Au 5 octobre. L'euro pèse 60 % du panier de référence.
Depuis début août+4,1%EUR+6,9%USD. Le dollar se renchérit nettement plus vite que l'euro.
Réserves de change≈500MMDH5 m 27 jCouverture des importations à fin juillet. Niveau jugé confortable.

Pourquoi c'est important

C'est le contrepoids direct à l'item précédent. Le gasoil international est coté en dollars. Si l'ICE Gasoil baisse de 5 % pendant que le dirham perd 6,9 % face au dollar depuis début août, une partie du soulagement attendu à la pompe est absorbée par le change avant d'arriver. Le même mécanisme vaut pour tout ce que vous importez. Et il frappe deux populations avec une violence particulière : les entreprises endettées en devises, dont la charge en dirhams augmente mécaniquement, et les titulaires de marchés publics à prix ferme, qui ont signé en dirhams un prix construit sur des intrants importés. Ces dernières subissent la hausse sans aucun moyen contractuel de la répercuter.

Gagnants
Exportateurs encaissant en euros et en dollars ; tourisme et hôtellerie ; destinataires de transferts des Marocains du monde ; prestataires facturant l'étranger en devises ; sous-traitants export payés en euros.
Perdants
Importateurs de toute nature ; entreprises endettées en devises ; titulaires de marchés publics à prix ferme avec intrants importés ; PME énergo-intensives, qui cumulent le choc énergie et le choc change.
Opportunité : à faire cette semaine
Trois gestes. Un : si vous avez un marché public ou un contrat privé à prix ferme courant jusqu'en 2027 avec des intrants importés, sortez le contrat et cherchez la clause de révision ; s'il n'y en a pas, c'est un sujet à ouvrir maintenant avec le donneur d'ordre, pas à la livraison. Deux : si vous importez régulièrement, demandez à votre banque le coût d'une couverture à terme sur vos trois prochains mois d'achats, ne serait-ce que pour chiffrer le risque que vous portez sans le savoir. Trois : si vous exportez, c'est l'inverse, vous êtes payé en monnaie qui se renchérit ; vérifiez que votre prix de vente en devises n'a pas été baissé par un client qui a remarqué votre avantage avant vous.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé
Le lien entre la dépréciation du dirham et l'effet amorti de la baisse du gasoil est notre analyse : aucune source consultée ne fait ce rapprochement. Deux précisions de méthode. L'article que nous citons donne, pour les variations depuis début août, des chiffres légèrement différents dans son texte (4,1 % et 6,9 %) et dans sa légende photo (4 % et 6,7 %) ; nous retenons le corps de texte et signalons l'écart. Par ailleurs, un relevé antérieur du 4 octobre, hors fenêtre, contenait deux chiffres cumulés contradictoires sur l'euro (2,06 % et 2,85 % depuis le 27 août) que l'article ne réconciliait pas : nous n'en publions aucun. Enfin, nous ne reprenons pas le constat de M. Youmni comme une évaluation institutionnelle : c'est l'avis d'un économiste cité par un média, et Bank Al-Maghrib ne s'est pas exprimée publiquement sur le niveau du dirham cette semaine.

Sources : Le360, « Le dirham dégringole face au dollar et à l'euro : faut-il s'inquiéter ? », 06/10/2026 à 19h21, ouvert et lu intégralement (cours de référence BAM du 5 octobre, variations depuis début août, bande de plus ou moins 5 %, panier 60/40, réserves d'environ 500 MMDH à fin août et couverture de 5 mois et 27 jours à fin juillet, citations d'Abdelghani Youmni). Série antérieure, hors fenêtre : Hespress, 04/10/2026, ouvert et lu (cours BAM des 23 au 30 septembre et du 2 octobre). Repère du 5 octobre à environ 9,93 DH/USD : Alyaoum24, 06/10/2026, ouvert et lu.

04

Vendredi 9 octobre · Institutions

Discours royal : réserves stratégiques, déconcentration, et une commande explicite au secteur privé

Risque 🟢 Faible Horizon Long terme ⚖️ Aucune action de conformité immédiate ★★★ Vérifié

Ce qui s'est passé

Le Roi Mohammed VI a ouvert vendredi 9 octobre la première session de la première année législative de la douzième législature. Il a qualifié le mandat qui s'ouvre de « véritable tournant » et fixé l'ambition d'une « puissance économique émergente et fiable ». Il a appelé au lancement d'une nouvelle génération de grandes stratégies dans l'eau, l'énergie, la sécurité alimentaire, l'industrie et l'économie numérique avec l'intelligence artificielle. Sur l'approvisionnement, il a demandé « une plus grande célérité dans la constitution de ces réserves » et insisté sur la « sécurisation des approvisionnements en produits de première nécessité ». Sur l'administration, il a déclaré qu'« aucun retard ni atermoiement n'est plus tolérable » dans la mise en œuvre de la Charte de la déconcentration, avec transfert de compétences et de moyens vers les régions et provinces. Le secteur privé est désigné « acteur stratégique de la transformation » et appelé à être « plus entreprenant, plus créatif ».

Pourquoi c'est important

Trois éléments ont une traduction opérationnelle. D'abord les réserves stratégiques : si la constitution de stocks de produits de première nécessité s'accélère, cela signifie des marchés de stockage, de logistique, de manutention et de rotation de stock, et une demande publique nouvelle qui ne passe pas par les grands groupes uniquement. Ensuite la déconcentration : la formulation est inhabituellement ferme, et elle va dans le même sens que ce que montre l'item 06, à savoir que l'argent qui se dépense réellement se décide désormais à l'échelon régional. Enfin, l'appel au secteur privé est explicitement orienté vers l'investissement, l'emploi et l'export, c'est-à-dire les trois critères sur lesquels se calibrent habituellement les dispositifs d'incitation.

Gagnants
Logistique, entreposage, manutention et chaîne du froid ; opérateurs de l'eau et de l'efficacité hydrique ; énergie et numérique ; entreprises déjà implantées en région et capables de traiter avec des administrations déconcentrées ; exportateurs.
Perdants
Structures organisées pour traiter uniquement avec l'administration centrale à Rabat ; secteurs absents des priorités énoncées ; entreprises attendant un signal fiscal, qui n'a pas été donné dans ce discours.
Opportunité : à faire cette semaine
Si vous êtes dans le stockage, la logistique ou la distribution de produits de première nécessité, c'est le moment de faire connaître vos capacités disponibles aux acheteurs publics et aux grands donneurs d'ordre de votre région, avant que les appels d'offres ne sortent. Un dossier de capacités envoyé avant la publication d'un avis vous place dans la consultation ; envoyé après, il arrive trop tard.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé
Le discours fixe des orientations, il ne crée ni programme ni enveloppe. Le rapprochement entre l'appel royal à accélérer les réserves stratégiques et deux autres faits, à savoir les déclarations de trois ministres sur les stocks de carburants le 1er octobre et la proposition du PAM de porter les stocks stratégiques de carburant à trois mois de consommation nationale, est entièrement notre construction. Aucune source ne relie ces trois éléments, le discours ne cite aucun produit en particulier, et nous n'avons aucune information sur un calendrier ou un budget. L'anticipation de marchés de stockage est une inférence, pas une annonce. Le discours ne mentionne ni les PME, ni la Coupe du monde 2030, ni la protection sociale, et ne contient aucun chiffre.

Sources : Le Matin, « Discours Royal au Parlement : les orientations de S.M. le Roi pour une nouvelle étape de développement », 09/10/2026 à 17h43, ouvert et lu intégralement. Le360, « Souveraineté, jeunesse, déconcentration, migration : les messages forts du discours royal », 09/10/2026 à 18h15, ouvert et lu intégralement. Les deux sources sont concordantes sur les citations reproduites. Proposition du PAM sur les stocks stratégiques : Hespress, 05/10/2026, ouvert et lu.

05

Du 5 au 9 octobre · Budget

Le budget 2027 doit être déposé le 20 octobre. Le gouvernement qui doit le déposer n'existe pas encore.

Risque 🟡 Moyen Horizon 30 jours ⚖️ Aucune action de conformité PME ★★★ pour l'échéance, ★★ pour la structure

Ce qui s'est passé

Le projet de loi de finances 2027 doit être déposé au bureau de la Chambre des représentants au plus tard le 20 octobre, en application de l'article 48 de la loi organique n° 130-13 relative à la loi de finances. Au 9 octobre, le gouvernement n'était pas formé : nommée cheffe du gouvernement le 29 septembre, Fatima-Zahra El Mansouri poursuivait ses consultations. Le PAM a remporté 97 des 395 sièges le 23 septembre et doit composer une coalition. Selon une revue de presse du 6 octobre, l'objectif serait un gouvernement resserré ne dépassant pas vingt-deux portefeuilles, organisé en grands pôles sectoriels, le PPS et l'USFP ayant confirmé leur participation. Le programme du PAM comprend une réforme de l'impôt sur le revenu chiffrée à 30 milliards de dirhams par an et une proposition de porter les stocks stratégiques de carburant à trois mois de consommation nationale.

Pourquoi c'est important

Pour une PME, l'enjeu n'est pas politique, il est calendaire. Le PLF est le document qui annonce les mesures fiscales de l'année suivante, les enveloppes sectorielles et les programmes d'investissement qui deviendront des appels d'offres. Deux scénarios à distinguer. Si le texte est déposé le 20 octobre, vous aurez de la visibilité fiscale dès la fin du mois et deux mois pour vous organiser avant le 1er janvier. S'il glisse, le risque n'est pas l'arrêt des services publics : le cadre constitutionnel prévoit l'ouverture de crédits par décret pour assurer la continuité. Le risque, pour vous, c'est que les mesures nouvelles, les incitations et les enveloppes d'investissement arrivent tard, avec un exercice 2027 amputé de son premier trimestre en termes de commande publique nouvelle.

Gagnants
Fournisseurs de programmes déjà contractualisés et budgétés, qui ne dépendent pas du PLF 2027 ; conseils fiscaux et cabinets d'expertise comptable ; entreprises capables de lire le texte à sa publication et de se positionner avant janvier.
Perdants
PME dont le plan 2027 repose sur une mesure fiscale ou une incitation attendue ; fournisseurs de l'État espérant une enveloppe nouvelle au premier trimestre ; secteurs en attente d'un arbitrage ministériel qui suppose un ministre en fonction.
Opportunité : à faire cette semaine
Construisez votre budget 2027 sur deux hypothèses de commande publique nouvelle, l'une avec un démarrage en janvier, l'autre avec un démarrage en avril, et regardez laquelle casse votre trésorerie. Si c'est la seconde, vous avez six semaines pour sécuriser une ligne de financement avant que tout le monde ne se présente à sa banque en même temps. Et bloquez du temps autour du 20 octobre pour lire les dispositions fiscales qui concernent votre régime.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé
L'échéance du 20 octobre et son fondement juridique sont établis. Le reste appelle des réserves. La structure du futur gouvernement, vingt-deux portefeuilles et organisation en pôles, provient d'une revue de presse reprenant un quotidien, article d'origine non ouvert : nous la donnons en ★★ et notons qu'un autre titre évoque dix-huit ministères, chiffre incompatible que nous ne publions pas. Le scénario d'un exercice 2027 amputé de son premier trimestre en commande publique nouvelle est notre inférence, pas une prévision sourcée. Notre source la plus précise sur les conséquences juridiques d'un dépôt tardif est datée du 10 octobre, hors fenêtre, et il s'agit d'une analyse d'un centre d'études, pas d'un texte officiel : nous n'en reprenons que le cadre légal. Nous ne reprenons pas non plus un chiffre de chômage des jeunes cité dans l'une de nos sources, dont la comparaison historique nous a paru invraisemblable et que nous n'avons pas pu vérifier.

Sources : Hespress, « PLF 2027 : quelle marge pour traduire les promesses du PAM ? », 05/10/2026 à 09h45, ouvert et lu intégralement (échéance du 20 octobre, 97 sièges sur 395, réforme de l'IR à 30 MMDH, proposition de stocks à trois mois, entretien avec l'économiste Abdelghani Youmni). Le360, 06/10/2026 à 19h14, ouvert et lu (plafond de 22 portefeuilles, pôles, confirmation du PPS et de l'USFP ; revue de presse d'Al Ahdath Al Maghribia, article d'origine non ouvert, pondération ★★). Fondement juridique, article 48 de la loi organique n° 130-13 : Alyaoum24, 10/10/2026, hors fenêtre, ouvert et lu, signalé comme tel.

06

Lundi 5 octobre · Commande publique

Casablanca-Settat : 240 conventions visées et 59 milliards de dirhams prêts à être dépensés

Risque 🟢 Faible Horizon 30 à 90 jours ⚖️ Aucune action de conformité ★★★ Vérifié

Ce qui s'est passé

Lors de la première séance de la session ordinaire d'octobre du Conseil de la région Casablanca-Settat, son président Abdellatif Maâzouz a présenté un bilan de mandat. Depuis le début de celui-ci, 515 conventions ont été adoptées pour 92,7 milliards de dirhams, dont 21,3 milliards à la charge de la région et environ 71,4 milliards apportés par les partenaires. Parmi elles, 240 conventions sont visées et prêtes à être exécutées, pour 59 milliards de dirhams. Le programme de développement régional compte 123 conventions votées pour près de 44 milliards, avec un taux d'exécution moyen de 55 % à fin septembre et 96,7 % des projets déclarés prêts à être réalisés. La gestion des déchets mobilise une enveloppe initiale de 14,5 milliards, dont environ 14 milliards pour le futur centre d'enfouissement et de valorisation de Casablanca, avec 16 décharges à fermer sur 256 hectares.

59 MMDH
240 conventions visées
prêtes à exécuter
92,7 MMDH
515 conventions
depuis le début du mandat
14,5 MMDH
Gestion des déchets
enveloppe initiale
256 ha
16 décharges
à fermer

Pourquoi c'est important

Le chiffre à retenir n'est pas 92,7 milliards, c'est 59. Une convention adoptée est une intention ; une convention visée est une dépense autorisée. Pendant que la formation du gouvernement suspend les arbitrages nationaux, cette enveloppe-là est juridiquement prête à partir en commande, et elle se décide à Casablanca. La gestion des déchets est le gisement le plus accessible aux PME : fermer 16 décharges sur 256 hectares suppose du transport, du terrassement, de la réhabilitation de site, du tri, de la collecte et de l'équipement, autant de lots que des entreprises de taille moyenne peuvent porter. À l'inverse, deux projets sont explicitement à l'arrêt : la plateforme agroalimentaire, 1,5 milliard, toujours à l'étude, et le palais des congrès, 1,5 milliard, dont la localisation n'est pas arrêtée. Ne construisez pas de plan commercial sur ces deux-là.

Gagnants
PME du déchet, du terrassement, du transport et de la réhabilitation de sites ; équipementiers de collecte et de tri ; BTP et voirie ; bureaux d'études environnement ; entreprises implantées dans les provinces citées, El Jadida, Mohammédia, Berrechid, Sidi Bennour.
Perdants
Fournisseurs positionnés sur la plateforme agroalimentaire ou le palais des congrès, tous deux non arbitrés ; PME sans dossier administratif à jour ; entreprises sans capacité de portage de trésorerie sur délais publics.
Opportunité : à faire cette semaine
Concentrez-vous sur les 240 conventions visées plutôt que sur l'enveloppe globale : ce sont elles qui vont générer des avis dans les prochains mois. Si vous êtes dans le déchet ou le terrassement, le dossier des 16 décharges est le plus gros gisement régional identifié cette semaine et il est structurellement allotissable. Et vérifiez aujourd'hui que vos attestations fiscales et sociales sont valides : ces fenêtres se perdent sur une pièce périmée bien plus souvent que sur le prix.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé
La distinction entre convention adoptée et convention visée est notre lecture de l'écart entre les deux chiffres présentés ; le conseil régional ne la commente pas en ces termes. L'affirmation selon laquelle le dossier déchets est allotissable et accessible aux PME est notre appréciation, fondée sur la nature des travaux, et non une indication du maître d'ouvrage. Aucune source ne donne de calendrier de publication des avis. Nous signalons que la revue de presse qui a porté cette information à notre attention annonçait 92 milliards et une enveloppe déchets de 14 milliards ; la consultation de l'article d'origine donne 92,7 et 14,5, et c'est ce dernier jeu de chiffres que nous publions.

Source : Médias24, « Casablanca-Settat : 92,7 MMDH de conventions adoptées, Maâzouz fait le point sur leur avancement », 05/10/2026 à 17h25, ouvert et lu intégralement (515 conventions et 92,7 MMDH, répartition région et partenaires, 240 conventions visées à 59 MMDH, PDR de 123 conventions à près de 44 MMDH, exécution à 55 % à fin septembre, 96,7 % des projets prêts, déchets à 14,5 MMDH dont 14 pour le centre de Casablanca, montants d'El Jadida, Mohammédia, Berrechid et Sidi Bennour, 16 décharges sur 256 hectares, plateforme agroalimentaire et palais des congrès non arbitrés). Signalement initial : revue de presse Hespress du 07/10/2026, chiffres corrigés après consultation de la source.

07

Jeudi 8 octobre · Industrie

Trois protocoles aéronautiques pour 950 emplois directs, dans un secteur secondaire par ailleurs en contraction

Risque 🟢 Faible Horizon 90 jours à long terme ⚖️ Aucune action de conformité ★★★ Vérifié

Ce qui s'est passé

En marge de la huitième édition du Marrakech Air Show, ouverte mercredi sur la base des Forces Royales Air avec près de 200 exposants de 27 pays, trois protocoles d'accord ont été signés jeudi avec le ministère de l'Industrie et du Commerce. APS Coating investit 18 millions d'euros dans une unité de traitement de surface de pièces aéronautiques, pour 120 emplois directs. MATIS investit 16,457 millions de dollars dans le développement de son unité de fabrication de câblage électrique aéronautique, pour 750 emplois directs. MECAPOLE, avec l'AMDIE, investit 10 millions d'euros dans le développement de capacités d'usinage de pièces d'avions et d'hélicoptères, pour 80 emplois directs. Au total, 950 emplois directs.

950
Emplois directs
trois protocoles
750
MATIS, câblage
16,457 M USD
120
APS Coating
traitement de surface, 18 M€
80
MECAPOLE, usinage
10 M€

Pourquoi c'est important

Traitement de surface, câblage, usinage : ce sont des activités de rang deux et trois, pas de l'assemblage final. Elles créent de la demande de sous-traitance locale, de l'outillage, de la logistique, de la maintenance et surtout du recrutement technique. Pour une PME industrielle, deux effets concrets. Le premier est commercial : 950 emplois directs dans trois unités signifient des besoins d'achats de proximité qui se structurent dans les mois qui viennent. Le second est un risque : sur un bassin d'emploi donné, trois unités qui recrutent simultanément des profils techniques font monter les salaires, et une PME qui n'a pas anticipé sa politique de rétention perd ses soudeurs, ses usineurs et ses techniciens méthodes avant de s'en apercevoir.

Gagnants
Sous-traitance mécanique et traitement de surface ; fournisseurs d'outillage, de consommables et de maintenance industrielle ; logistique industrielle ; organismes de formation technique et cabinets de recrutement spécialisés ; immobilier industriel locatif.
Perdants
PME industrielles du même bassin sans politique salariale ni plan de rétention ; employeurs de profils techniques rares ; entreprises dont la main-d'œuvre qualifiée est le principal actif et le moins protégé.
Opportunité : à faire cette semaine
Deux actions en sens opposé. Si vous vendez aux industriels, identifiez ces trois donneurs d'ordre et faites-vous référencer pendant la phase d'installation, quand les fournisseurs se choisissent, pas une fois la chaîne figée. Si vous employez des profils techniques, faites cette semaine la liste des cinq personnes dont le départ vous coûterait le plus, et traitez le sujet de leur rémunération avant qu'elles ne reçoivent un appel.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé
Les montants sont libellés en deux devises différentes et nous ne les additionnons pas : seul le total d'emplois, 950, est une somme donnée par la source. La source ne précise ni la localisation des trois unités ni le calendrier de réalisation ; nous ne les inventons pas. Le risque de tension salariale locale est une inférence de notre part, fondée sur la concentration de recrutements techniques, et aucune source ne l'évoque. Enfin, le contraste que nous posons avec la contraction de 3,9 % du secteur secondaire au deuxième trimestre, publiée par le HCP le 30 septembre, est notre juxtaposition : ce sont deux publications distinctes, portant sur des périmètres et des périodes différentes, et l'aéronautique n'est pas isolée dans les comptes nationaux.

Source : La Vie Éco, « Marrakech Airshow : trois protocoles d'accord signés pour près de 950 emplois directs », 08/10/2026 à 19h47, mise à jour le 09/10/2026 à 10h31, ouvert et lu intégralement (APS Coating 18 M€ et 120 emplois, MATIS 16,457 M USD et 750 emplois, MECAPOLE avec l'AMDIE 10 M€ et 80 emplois, signature par le ministère de l'Industrie et du Commerce). Cadre du salon, près de 200 exposants de 27 pays : revues de presse Hespress des 08 et 09/10/2026, ouvertes et lues.

08

Jeudi 8 octobre · Tourisme

15,7 millions d'arrivées à fin septembre, et un mois de septembre qui accélère à 8 %

Risque 🟢 Faible Horizon Immédiat à 90 jours ⚖️ Aucune action de conformité ★★★ Vérifié

Ce qui s'est passé

Le ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire a annoncé dans un communiqué que le Maroc a accueilli 15,7 millions de touristes entre janvier et septembre 2026, en hausse de 5 % sur un an, soit plus de 717 000 arrivées supplémentaires. Le seul mois de septembre a dépassé 1,5 million de touristes, en progression de 8 % par rapport à septembre 2025.

Pourquoi c'est important

Le chiffre utile n'est pas 15,7 millions, c'est l'écart entre 8 % et 5 %. Le rythme mensuel est supérieur au rythme cumulé, ce qui veut dire que la demande s'est renforcée en fin de saison au lieu de s'essouffler. Pour un commerce, un restaurant, une maison d'hôtes ou un transporteur touristique, cela change l'arbitrage de fin d'année : la question n'est pas de savoir s'il faut réduire la voilure après l'été, mais si vous avez les effectifs et le stock pour servir un quatrième trimestre plus actif que l'an dernier. C'est aussi, pour toute la chaîne qui dépend des devises, une rentrée de monnaie forte au moment précis où le dirham se déprécie.

Gagnants
Hôtellerie, restauration et maisons d'hôtes ; transport touristique et location de véhicules ; artisanat et commerce de détail en zone touristique ; guides et agences réceptives ; services de paiement et change.
Perdants
Opérateurs ayant réduit leurs effectifs sur une hypothèse de fin de saison classique ; établissements en sous-capacité de personnel ; commerces en rupture de stock sur les produits à rotation touristique.
Opportunité : à faire cette semaine
Si votre activité dépend du flux touristique, comparez votre planning d'effectifs et votre niveau de stock du quatrième trimestre à ceux de l'an dernier, et corrigez-les du différentiel de 8 %. La plupart des établissements calent leur fin d'année sur le réalisé de l'année précédente et se retrouvent en sous-capacité un week-end sur deux. Vérifiez aussi vos tarifs : une demande qui accélère est le moment où un tarif reconduit à l'identique vous coûte de la marge.
Notre lecture : analyse, pas un fait sourcé
La lecture d'une accélération repose sur la comparaison entre le rythme de septembre (8 %) et le rythme cumulé sur neuf mois (5 %), telle que la source les présente ; c'est notre interprétation d'un écart, pas une qualification du ministère, et un seul mois ne constitue pas une tendance. La source ne donne ni les recettes, ni les nuitées, ni la répartition entre Marocains résidant à l'étranger et touristes étrangers, une distinction pourtant déterminante puisque ces deux populations ne dépensent pas dans les mêmes commerces. Nous ne la reconstituons pas. Le rapprochement avec la dépréciation du dirham est le nôtre.

Sources : Finances News Hebdo, 08/10/2026 à 12h17, ouvert et lu intégralement (15,7 millions sur janvier à septembre, hausse de 5 %, plus de 717 000 arrivées supplémentaires, plus de 1,5 million en septembre, hausse de 8 %, communiqué du ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire). H24Info, 08/10/2026 à 11h45, ouvert et lu (chiffre de 15,7 millions confirmé). Reprise concordante : revue de presse Hespress du 09/10/2026 citant Al Bayane.

Note de méthode : une correction, trois pièges de date, quatre inconnues

Nous avons manqué la décision du G7. Voici comment, et ce que nous ignorons encore.

Correction. Notre édition du 4 octobre couvrait la semaine du 28 septembre au 2 octobre et traitait longuement du marché du distillat. Elle ne mentionnait pas l'accord du G7 sur la libération de 100 millions de barils, annoncé le 2 octobre, dernier jour de cette fenêtre. C'est l'intervention la plus importante sur ce marché depuis le début de la séquence et nous l'avons manquée. Notre analyse de fond, selon laquelle la contrainte est le raffinage et non le brut, reste confirmée par les sources de cette semaine ; notre couverture, elle, était incomplète. L'item 02 rétablit le fait.

Trois pièges de date. Une liste complète du « nouveau gouvernement marocain » datait en réalité du 9 octobre 2021 et décrivait le gouvernement Akhannouch. Un article sur les barrages et la campagne agricole remontait à mars 2024. Un bilan touristique très détaillé datait du 2 avril 2026. Les trois auraient produit des affirmations fausses sur la semaine écoulée s'ils avaient été repris sur la foi de leur titre ou de leur URL.

Un chiffre écarté. L'une de nos sources cite un taux de chômage des jeunes de 37,2 % en 2025 contre 9,5 % en 2021. Un tel écart sur quatre ans nous paraît invraisemblable et nous n'avons pas pu le vérifier auprès du HCP. Nous ne publions aucun des deux chiffres.

Le bulletin hebdomadaire de Bank Al-Maghrib, sixième semaine. Toujours inaccessible en consultation directe. Nous corrigeons cependant notre formulation des semaines précédentes : les cours de référence hebdomadaires de la banque centrale nous parviennent bien, par la presse qui les reprend, et ils alimentent l'item 03. Ce qui reste indisponible, c'est le document source et les séries de liquidité et de réserves hebdomadaires.

La facturation électronique, septième semaine. Aucune confirmation de publication au Bulletin officiel du décret d'application. Position inchangée : préparez-vous comme si les dates circulant étaient fermes, mais ne contractualisez rien sur une date que le Bulletin officiel n'a pas consacrée.

La grève du fret. Quatrième semaine sans élément nouveau. Nous ne la mentionnons plus comme développement actif et ne la déclarons pas close pour autant.

Une publication qui ne signale jamais ses manques n'est pas plus fiable. Elle est seulement moins lisible.

Partie 2 · Le verdict

Market Pulse

🟡 Mixte, avec un premier signal favorable depuis juillet

Nous relevons légèrement la notation, et une seule chose le justifie : la référence qui détermine le prix du gasoil au Maroc a baissé de 5 %. Depuis la mi-juillet, chaque édition de ce brief décrivait une dégradation du coût énergétique. Pour la première fois, le mouvement s'inverse sur le marché amont. Nous n'allons pas plus loin, parce que trois éléments documentés limitent la portée de cette baisse : les volumes promis par le G7 peuvent ne pas se matérialiser, comme en mars ; l'interdiction russe d'exporter court jusqu'à fin octobre ; et le dirham a perdu 6,9 % face au dollar depuis début août, ce qui absorbe une partie du gain avant qu'il n'atteigne la pompe.

La publication du HCP de lundi déplace par ailleurs le diagnostic. Le choc de prix importés n'est pas général : il est concentré sur l'énergie et les minerais bruts, pendant que les biens de consommation, l'équipement industriel et l'alimentation importés varient de moins de 1,5 % en valeur unitaire. Une PME qui subit une hausse à deux chiffres sur un intrant importé non énergétique a désormais un chiffre institutionnel pour poser la question à son fournisseur.

Du côté de la demande, deux signaux concordants : le tourisme accélère, avec un mois de septembre à 8 % contre 5 % en cumul, et le chiffre d'affaires agrégé des sociétés cotées à Casablanca progresse de 10,3 % au premier semestre, sa meilleure performance depuis 2022, selon une recherche d'Attijari Global Research reprise en revue de presse. Nous n'avons pas ouvert ce rapport et le pondérons en conséquence ; nous notons aussi que cette croissance est nominale et que les prix à l'import ont progressé de 10 % sur une période voisine, ce qui invite à ne pas la lire comme une croissance en volume.

La ligne de la semaine est que les prix mondiaux se détendent pendant que la monnaie se déprécie. Les deux mouvements vont en sens contraire et ne se compensent pas de façon égale selon les entreprises. Si vous importez en dollars, le change mange votre gain. Si vous exportez, vous gagnez sur les deux tableaux. Si vous êtes sur un marché public à prix ferme avec des intrants importés, vous perdez sur les deux. Ce n'est pas une conjoncture, c'est un tri, et il se joue sur la structure de votre contrat, pas sur votre secteur.

Meilleure opportunité de la semaine

59 milliards de dirhams juridiquement prêts à partir en commande à Casablanca-Settat

240 conventions visées, donc autorisées à la dépense, pendant que l'exécutif national se forme. Le dossier des 16 décharges à fermer sur 256 hectares, dans une enveloppe déchets de 14,5 milliards, est le gisement le plus allotissable identifié cette semaine : transport, terrassement, réhabilitation, tri, collecte, équipement. Positionnez-vous avant la publication des avis.

Plus grande menace de la semaine

Un dirham à 9,9779 pour un dollar, qui frappe deux fois les marchés à prix ferme

Depuis début août, le dollar s'est renchéri de 6,9 % et l'euro de 4,1 % face au dirham. Une entreprise titulaire d'un marché public ou privé à prix ferme, avec des intrants importés, subit la hausse sans aucun levier contractuel pour la répercuter. C'est la situation la plus dangereuse de la semaine parce qu'elle est invisible jusqu'à la livraison.

Plus grande échéance de conformité

31 octobre : TVA de septembre, TVA du troisième trimestre et cotisations CNSS

Autorité : Direction Générale des Impôts, via la plateforme SIMPL, et Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Au 31 octobre 2026 : déclaration et paiement de la TVA de septembre pour les redevables au régime mensuel, déclaration de la TVA du troisième trimestre pour le régime trimestriel, et déclaration et paiement des cotisations CNSS de septembre. Deux réserves que nous publions plutôt que de les taire. La source professionnelle consultée signale elle-même une contradiction interne sur la date CNSS, qu'elle donne tantôt au 10 du mois suivant, tantôt au dernier jour : vérifiez la vôtre auprès de la CNSS. Et une seconde source professionnelle situe au 31 octobre la déclaration trimestrielle des délais de paiement au titre de la loi 69-21, obligatoire au-dessus de 2 millions de dirhams de chiffre d'affaires hors taxe, avec des amendes de 5 000 à 250 000 dirhams selon la taille : ce point n'est confirmé que par un seul cabinet et nous ne l'avons vérifié ni au Bulletin officiel ni auprès de la DGI. Si votre chiffre d'affaires dépasse ce seuil, c'est la question à poser à votre expert-comptable cette semaine.

Partie 3 · Exécution

Douze actions à mener cette semaine

  • Demander à votre fournisseur la décomposition de sa dernière hausse entre prix du produit, énergie et change, indices du HCP à l'appui.
  • Réviser vos tarifs export de demi-produits ou d'agroalimentaire, dont les valeurs unitaires sectorielles ont progressé de 16 à 23 % sur un an.
  • Ne pas verrouiller de contrat carburant long avant la révision du 16 octobre, ou n'accepter qu'une durée courte avec clause de révision.
  • Préparer le message client dans les deux sens, pour annoncer vous-même une éventuelle baisse plutôt que de la voir réclamée.
  • Sortir vos contrats à prix ferme courant jusqu'en 2027 et vérifier l'existence d'une clause de révision si vos intrants sont importés.
  • Demander à votre banque le coût d'une couverture de change sur vos trois prochains mois d'achats, ne serait-ce que pour chiffrer le risque porté.
  • Vous positionner sur les 240 conventions visées de Casablanca-Settat, en priorité sur le dossier des 16 décharges, avant publication des avis.
  • Vérifier la validité de vos attestations fiscales et sociales avant la prochaine vague d'appels d'offres régionaux.
  • Lister les cinq salariés techniques dont le départ vous coûterait le plus et traiter leur rémunération avant que l'aéronautique ne recrute.
  • Corriger votre planning d'effectifs et vos stocks du quatrième trimestre du différentiel touristique de 8 % si vous êtes exposé au flux visiteurs.
  • Construire deux budgets 2027 de commande publique, démarrage janvier et démarrage avril, et sécuriser le financement si le second casse votre trésorerie.
  • Confirmer avec votre expert-comptable vos échéances du 31 octobre, TVA, CNSS, et le cas échéant la déclaration des délais de paiement au titre de la loi 69-21.

Partie 4 · Anticipation

À surveiller la semaine prochaine

  • La révision des carburants du 16 octobre. C'est la première à pouvoir intégrer la baisse de l'ICE Gasoil consécutive à la décision du G7. Surveillez l'ampleur réelle du recul : l'écart entre la baisse du marché et la baisse à la pompe vous dira combien le dirham a absorbé.
  • Le dépôt du projet de loi de finances 2027, échéance légale au 20 octobre. Trois choses à regarder : le respect de la date, l'hypothèse de croissance retenue, et la présence ou l'absence de la réforme de l'impôt sur le revenu chiffrée à 30 milliards de dirhams dans le programme du parti arrivé en tête.
  • La formation du gouvernement et le vote de confiance. C'est l'étape qui débloque les arbitrages ministériels et, avec eux, les dossiers en instance qui ne relèvent pas de la gestion courante.
  • Les premiers volumes du G7, annoncés sous vingt jours. Le précédent de mars, où les volumes promis ne se sont pas entièrement matérialisés, est le point de comparaison à garder en tête. L'échéance tombe autour du 22 octobre.
  • L'expiration de l'interdiction russe d'exporter du gasoil, fin octobre. Sa prolongation ou sa levée est la variable la plus lourde sur le marché européen du distillat, donc sur votre prix à la pompe de novembre.
  • L'indice des prix à la consommation de septembre, attendu du HCP. Il dira si le choc des prix importés documenté cette semaine a commencé à atteindre les prix de détail, et donc le pouvoir d'achat de vos clients.

Journal de sourçage · semaine du 5 au 9 octobre 2026

  • 5 oct.HCP, indices du commerce extérieur du deuxième trimestre 2026. ★★★ source primaire consultée sur le site institutionnel, mise en ligne le 5 octobre à 08h00.
  • 5 oct.Kpler, effet de la libération des stocks du G7 sur le marché européen du gasoil. ★★★ ouvert et lu intégralement.
  • 5 oct.Médias24, bilan du Conseil de la région Casablanca-Settat par Abdellatif Maâzouz. ★★★ ouvert et lu intégralement, chiffres corrigés par rapport à la revue de presse.
  • 5 oct.Hespress, PLF 2027 et marges du prochain exécutif, entretien avec Abdelghani Youmni. ★★★ ouvert et lu intégralement.
  • 6 oct.Le360, dépréciation du dirham, cours de référence BAM du 5 octobre. ★★★ ouvert et lu intégralement, écart texte/légende signalé.
  • 6 oct.Le360, structure du futur gouvernement, 22 portefeuilles et pôles. ★★ revue de presse d'Al Ahdath Al Maghribia, article d'origine non ouvert ; chiffre concurrent de 18 ministères non publié.
  • 8 oct.La Vie Éco, trois protocoles du Marrakech Air Show et 950 emplois directs. ★★★ ouvert et lu intégralement.
  • 8 oct.Finances News Hebdo et H24Info, 15,7 millions d'arrivées à fin septembre, septembre à +8 %. ★★★ ouverts et lus, deux sources concordantes.
  • 9 oct.Le Matin et Le360, discours royal d'ouverture de la douzième législature. ★★★ ouverts et lus intégralement, concordants sur les citations.
  • 7 et 9 oct.Revues de presse Hespress. ★★ signalement ; chaque élément retenu a été vérifié à la source avant publication.
  • Hors fenêtreAl Jazeera du 3 octobre sur l'annonce G7 du 2 octobre ; Hespress du 4 octobre sur les cours BAM ; Alyaoum24 du 6 octobre sur les perspectives de prix et du 10 octobre sur l'article 48. Cités comme contexte daté, ouverts et lus.
  • ÉcartéesFourchettes de prix du gasoil pour fin octobre et novembre, qualifiées d'estimations par leur propre auteur sous un titre interrogatif. Non publiées.
  • ÉcartésChiffres de chômage des jeunes de 37,2 % et 9,5 %, écart jugé invraisemblable et non vérifiable auprès du HCP. Non publiés.
  • ÉcartéesTrois sources datant d'octobre 2021, mars 2024 et avril 2026, identifiées à la lecture et non retenues.
  • CorrectionOmission de la décision du G7 du 2 octobre dans notre édition du 4 octobre. Rétablie à l'item 02 et dans la note de méthode.
  • Non consultéBulletin hebdomadaire de Bank Al-Maghrib, sixième semaine ; formulation des semaines précédentes corrigée dans la note de méthode.
  • Non confirméDécret d'application de la facturation électronique, septième semaine sans confirmation au Bulletin officiel. Déclaration loi 69-21 du 31 octobre, source professionnelle unique, non vérifiée officiellement.

« Tout le monde commente l'économie. Nous vous disons quoi faire ensuite. »

GrowthIntelAfrica · Brief d'Intelligence PME · Édition Maroc · Semaine du 5 au 9 octobre 2026
Compilé et édité par Olawale Osoba, Fondateur et Rédacteur en Chef
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