Brief d'Intelligence PME · Édition Maroc · N° 26.10–30.10
Semaine du lundi 26 au vendredi 30 octobre 2026. Huit développements, filtrés sur une seule question : qu'est-ce qu'un dirigeant de PME marocaine doit faire différemment cette semaine ?
Compilé et édité par Olawale Osoba, Fondateur et Rédacteur en Chef · GrowthIntelAfrica
Seuls les faits survenus entre le lundi 26 et le vendredi 30 octobre 2026 sont traités comme l'actualité de la semaine. Deux éditions de suite, une information publiée un vendredi soir nous avait échappé. Nous avons changé de méthode : le balayage du vendredi a été repris poste par poste, et il a produit cette fois les indicateurs du commerce extérieur à fin septembre, publiés le 30 octobre à 20h17, ainsi que le bulletin de change de la banque centrale publié à 23h00. Les deux figurent dans cette édition.
L'Office des Changes a publié le 30 octobre ses indicateurs à fin septembre. En les plaçant à côté de ceux de fin juillet et de fin août, que nous avions traités dans nos éditions précédentes, une seule ligne change de nature. Le déficit cesse de se dégrader, les exportations accélèrent, les importations repartent légèrement. La facture énergétique, elle, accélère pour le troisième relevé consécutif.
Chaque ligne porte trois points : fin juillet, fin août, fin septembre 2026. Le point le plus gros est le plus récent. Les valeurs sont des variations sur un an, pas des niveaux. Rouge : une hausse qui pèse sur les coûts. Vert : une hausse favorable. Gris : indicateur stable sur les deux derniers relevés.
Sources : Office des Changes, bulletin mensuel des indicateurs des échanges extérieurs à fin septembre 2026, relayé par La Vie Éco le 30 octobre 2026 à 20h17, article ouvert et lu intégralement. Les relevés de fin juillet et de fin août proviennent de nos éditions du 4 et du 10 octobre 2026, sourcés à l'époque. La mise en série des trois relevés est la nôtre : l'Office des Changes publie des niveaux et des variations annuelles, il ne commente pas l'évolution du rythme d'un mois sur l'autre.
Partie 1 · Les développements
Vendredi 30 octobre · Commerce extérieur
Ce qui s'est passé
À fin septembre 2026, le déficit commercial atteint 323,94 milliards de dirhams, en hausse de 25,4 % sur un an. Les importations de biens approchent 708 milliards, en progression de 17 %, et les exportations s'établissent à 384,05 milliards, en hausse de 10,7 %. La facture énergétique atteint 111,59 milliards de dirhams, en hausse de 37 %. Les exportations du secteur automobile s'élèvent à 132,11 milliards, en progression de 14,3 %, tandis que les phosphates et dérivés stagnent à 74,65 milliards, en hausse de 0,2 %. L'excédent de la balance des services atteint 135,8 milliards, en progression de 14,8 %, les exportations de services augmentant de 13,1 % et les importations de 11,3 %. Les transferts des Marocains résidant à l'étranger s'établissent à 103,1 milliards de dirhams à fin septembre, en hausse de 11,3 %.
Pourquoi c'est important
Trois lectures, dans l'ordre d'utilité. La première est que l'énergie n'est plus une ligne parmi d'autres : à 111,59 milliards, elle représente environ un tiers du déficit commercial et près de seize pour cent de la facture d'importation totale. Tant que ce poste accélère, aucune amélioration des exportations ne referme l'écart. La deuxième est que vos débouchés s'améliorent réellement : les exportations passent de plus 8,4 % à fin juillet à plus 10,7 % à fin septembre, et l'automobile tire à plus 14,3 %. Si vous êtes sous-traitant d'un exportateur, la demande qui vous arrive est en accélération. La troisième est la plus inquiétante à moyen terme : les phosphates et dérivés, qui sont le socle historique des devises marocaines, sont à l'arrêt avec plus 0,2 %. L'économie d'exportation marocaine repose désormais sur l'automobile et sur les services, pas sur la mine.
Source : Office des Changes, bulletin mensuel des indicateurs des échanges extérieurs à fin septembre 2026, via La Vie Éco, « Déficit commercial : hausse de 25,4 % à fin septembre », 30/10/2026 à 20h17, ouvert et lu intégralement (déficit de 323,94 MMDH en hausse de 25,4 %, importations proches de 708 MMDH en hausse de 17 %, exportations de 384,05 MMDH en hausse de 10,7 %, facture énergétique de 111,59 MMDH en hausse de 37 %, automobile à 132,11 MMDH en hausse de 14,3 %, phosphates et dérivés à 74,65 MMDH en hausse de 0,2 %, excédent des services de 135,8 MMDH en hausse de 14,8 %, exportations de services à plus 13,1 % et importations à plus 11,3 %). Transferts des MRE de 103,1 MMDH à fin septembre en hausse de 11,3 % : Bladi, 30/10/2026 à 23h00, ouvert et lu. Relevés de fin juillet et fin août : nos éditions du 04 et du 10/10/2026.
Mercredi 28 octobre · Infrastructures
Ce qui s'est passé
Le Roi Mohammed VI a présidé le mercredi 28 octobre au Palais Royal de Rabat une séance de travail consacrée à l'avancement de Nador West Med et au lancement de Tanger Med 3. Le complexe de Nador West Med a mobilisé à ce jour 54 milliards de dirhams d'investissements publics et privés. Son premier terminal à conteneurs, d'une capacité à terme de 3,5 millions de conteneurs, entre en service dans sa phase initiale « dans les prochains jours ». Un deuxième terminal de 1,8 million de conteneurs doit suivre en avril 2027, les deux terminaux représentant 8 milliards de dirhams d'investissement privé. Le site comprend également un terminal d'hydrocarbures d'une capacité potentielle de stockage de 4 millions de mètres cubes et un terminal gazier pouvant traiter jusqu'à 5 milliards de mètres cubes par an, ainsi qu'un terminal vraquier et un terminal marchandises diverses en projet. La zone industrielle est opérationnelle, avec une usine en activité et trois en construction. Le complexe table sur 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects à court terme, et sera relié par une voie ferrée Selouane-NWM et une autoroute Guercif-NWM. Tanger Med 3, situé à l'ouest de Tanger Med 2, comptera 1 200 mètres de quai pour une capacité additionnelle de 4,5 millions de conteneurs et 8 milliards de dirhams d'investissement, avec une concession signée avec Maersk-APM. Avec l'extension du port passagers et rouliers et l'extension est de Tanger Med 2, le complexe pourrait atteindre 20 millions de conteneurs.
Pourquoi c'est important
Pour une PME, trois fenêtres s'ouvrent et elles n'ont pas le même calendrier. La première est immédiate et régionale : 14 000 emplois directs et 20 000 indirects annoncés à court terme dans l'Oriental, cela veut dire des besoins de restauration collective, de transport de personnel, d'intérim, de maintenance, de nettoyage industriel, d'hébergement et de services généraux, sur un bassin qui n'avait pas cette densité. La deuxième est logistique : un deuxième grand port à conteneurs change les options de routage pour un exportateur ou un importateur du nord-est, et vaut une demande de cotation comparative dès que le terminal annonce ses premières escales. La troisième est énergétique et mérite d'être reliée à notre item de la semaine dernière : un terminal d'hydrocarbures de 4 millions de mètres cubes et un terminal gazier donnent au Maroc une seconde capacité de stockage et de négoce de produits pétroliers, après celle de Tanger qui a expédié 96 000 tonnes d'essence vers la Russie en septembre.
Source : Le360, « Infrastructures portuaires : le Roi fait le point sur le démarrage de Nador West Med et le lancement de Tanger Med 3 », 28/10/2026 à 14h51, ouvert et lu intégralement (séance de travail du mercredi 28 octobre au Palais Royal de Rabat, 54 MMDH mobilisés, terminal 1 de 3,5 millions de conteneurs en phase initiale dans les prochains jours, terminal 2 de 1,8 million en avril 2027, 8 MMDH privés pour les deux, terminal d'hydrocarbures de 4 millions de m³ potentiels, terminal gazier jusqu'à 5 milliards de m³ par an, zone industrielle avec une usine en activité et trois en construction, 14 000 emplois directs et 20 000 indirects à court terme, voie ferrée Selouane-NWM et autoroute Guercif-NWM, Tanger Med 3 à l'ouest de Tanger Med 2 avec 1 200 mètres de quai, 4,5 millions de conteneurs et 8 MMDH, concession Maersk-APM, potentiel de 20 millions de conteneurs pour le complexe, présence de Fouad Ali El Himma, Abdelouafi Laftit, Fouzi Lekjaa, Nizar Baraka, Ryad Mezzour et Fouad Brini). Reprises concordantes : Telquel, Le Desk, La Vie Éco, Finances News Hebdo (28/10/2026).
Mardi 27 octobre · Droit des affaires
Ce qui s'est passé
Lors de la première séance des questions orales de la session d'octobre devant la Chambre des conseillers, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi a indiqué que le Code de procédure pénale amendé interdit désormais le recours à la contrainte par corps pour les dettes inférieures à 8 000 dirhams. La mesure est par ailleurs limitée aux personnes âgées de 20 à 60 ans, l'âge minimum étant auparavant de 18 ans. À la suite de circulaires et de réexamens portant notamment sur les personnes de moins de 20 ans et de plus de 60 ans, 22 315 avis de recherche ont été annulés et 3 991 personnes détenues au titre de la contrainte par corps ont recouvré la liberté, le ministre évoquant près de 26 000 bénéficiaires au total. Le ministre a cité le cas d'un homme emprisonné pour une dette n'excédant pas 80 dirhams, à l'origine du nouveau plafond. Il a également fait état de 40 000 conciliations depuis l'entrée en vigueur de la procédure, moyennant une amende de 200 à 300 dirhams et le retrait des plaintes, estimant que 10 000 à 20 000 de ces affaires se seraient autrement soldées par de la prison.
Pourquoi c'est important
La contrainte par corps est, dans la pratique commerciale marocaine, l'arme de dernier recours derrière beaucoup de créances impayées. Si elle devient inapplicable sous 8 000 dirhams, le rapport de force sur les petites créances change, et il change dans le sens du débiteur. Pour une PME qui vend à des clients nombreux et à faibles montants unitaires, cela veut dire qu'un impayé de quelques milliers de dirhams ne dispose plus du même levier de recouvrement, et que la pression doit s'exercer en amont, au moment de la vente, plutôt qu'en aval. La restriction d'âge ajoute une seconde limite, moins visible mais réelle : une partie de vos débiteurs sort du champ par l'âge, quel que soit le montant. Ce n'est pas un sujet juridique abstrait, c'est une raison de revoir vos conditions de paiement avant la fin de l'exercice.
Source : Hespress, « Contrainte par corps : 26 000 personnes soustraites à la mesure », 27/10/2026 à 19h45, ouvert et lu intégralement (interdiction pour les dettes inférieures à 8 000 dirhams au titre du Code de procédure pénale amendé, limitation aux 20-60 ans contre 18 ans auparavant, 22 315 avis de recherche annulés, 3 991 personnes libérées, près de 26 000 bénéficiaires selon le ministre, cas d'une dette de 80 dirhams, 40 000 conciliations avec amende de 200 à 300 dirhams, estimation de 10 000 à 20 000 peines de prison évitées, déclaration devant la Chambre des conseillers). Mention non vérifiée des aéroports et chèques sans provision : revue de presse Hespress du 30/10/2026 citant L'Economiste, article d'origine non ouvert.
Vendredi 30 octobre · Énergie
Ce qui s'est passé
Selon des sources professionnelles non nommées citées par un média marocain, le prix du gasoil « pourrait » augmenter à compter du dimanche 1er novembre, d'un montant que l'article situe entre 50 et 70 centimes par litre dans son corps de texte, tout en écrivant dans son chapeau qu'il « pourrait dépasser 50 centimes ». L'essence « devrait » au contraire reculer d'une ampleur similaire. L'article précise que le montant définitif reste à confirmer. Les raisons avancées sont la volatilité des marchés pétroliers internationaux, le niveau élevé des cotations du gasoil à faible teneur en soufre sur le marché européen, référence pour les importations marocaines, ainsi que les préoccupations d'approvisionnement, les coûts de raffinage et les tensions au Moyen-Orient. L'article rappelle que la hausse cumulée du gasoil atteint environ 3,34 dirhams par litre depuis la mi-juillet, déduction faite de la baisse de 20 centimes de la mi-octobre, et que les cotations internationales ne se répercutent pas automatiquement à la pompe, le fret, l'assurance, le stockage, la parité dirham-dollar et la politique tarifaire des distributeurs intervenant également.
Pourquoi c'est important
Si elle se confirme, cette révision annulerait la baisse du 16 octobre deux à trois fois et porterait la dérive depuis la mi-juillet à environ quatre dirhams le litre. Mais le point le plus intéressant n'est pas le montant, c'est la divergence annoncée : le gasoil monterait pendant que l'essence baisserait. Ce ciseau confirme ce que nous écrivons depuis six semaines, à savoir que la contrainte porte sur le distillat et non sur le pétrole brut. Pour un dirigeant, cela a une conséquence pratique immédiate sur les arbitrages de flotte : si l'écart entre gasoil et essence se creuse encore, le calcul de renouvellement d'un utilitaire léger bascule davantage vers l'essence, à l'inverse de l'habitude marocaine. Nous insistons toutefois sur le conditionnel : cette information repose sur des sources professionnelles anonymes, elle n'est pas confirmée, et son propre auteur n'est pas cohérent sur l'ampleur annoncée.
Source : Belpresse, « Une nouvelle hausse du prix du gasoil attendue dès le 1er novembre », 30/10/2026 à 11h00, ouvert et lu intégralement (hausse évoquée de 50 à 70 centimes dans le corps du texte et « pourrait dépasser 50 centimes » dans le chapeau, baisse d'ampleur similaire attendue sur l'essence, montant définitif à confirmer, sources professionnelles non nommées, cumul d'environ 3,34 DH/L depuis la mi-juillet net de la baisse de 20 centimes de la mi-octobre, facteurs de fret, assurance, stockage, parité dirham-dollar et politique des distributeurs, mention de la mesure du PLF 2027 portant à 40 % l'IS des importateurs et distributeurs d'hydrocarbures au bénéfice net d'au moins 100 MDH, dont l'effet sur le prix à la pompe est qualifié d'incertain). Pondération ★★.
Mercredi 28 et vendredi 30 octobre · Budget
Ce qui s'est passé
La commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants a poursuivi mercredi la discussion générale du projet de loi de finances 2027. Les chiffres rapportés à cette occasion sont une croissance de 3,7 %, un déficit de 3 % du PIB, une dette du Trésor d'environ 66,9 % du PIB et un investissement public de 400 milliards de dirhams. Le seuil d'exonération de l'impôt sur le revenu passe de 40 000 à 60 000 dirhams de revenu annuel net imposable, et le taux marginal supérieur est progressivement ramené à 30 %, l'achèvement étant envisagé en 2031. La pension de réversion des veuves passe de 50 % à 100 % de la pension du défunt, pour un budget de 7,3 milliards de dirhams au profit d'environ 431 000 bénéficiaires. Les parlementaires de la majorité ont soutenu l'orientation du gouvernement en demandant que l'investissement public crée des emplois durables, renforce la production nationale et facilite l'accès des PME aux marchés publics. Le PJD a mis en doute l'efficacité des six sociétés régionales de distribution et de commercialisation agricoles sur les prix et demandé un soutien accru aux petits et moyens agriculteurs. L'Alliance de la gauche a mis l'accent sur les salaires, le contrôle des prix et la redistribution fiscale, Nabila Mounib demandant des critères précis d'allocation des crédits territoriaux.
Pourquoi c'est important
Deux choses changent pour vous. La première est que l'écart de chiffres que nous avons refusé de trancher la semaine dernière se résout en partie : deux sources sur trois donnent désormais 3,7 % de croissance pour 2027, ce qui valide la recommandation que nous faisions de bâtir votre plan sur l'hypothèse basse. La seconde est plus opérationnelle : l'accès des TPE-PME aux marchés publics est entré explicitement dans le débat budgétaire, porté par la majorité. Cela ne crée aucun droit aujourd'hui, mais c'est le moment du cycle où un amendement peut créer un quota, un allotissement obligatoire ou un délai de paiement garanti. Si vous êtes fournisseur de l'État, c'est maintenant que votre fédération professionnelle a une fenêtre pour peser, pas en janvier.
Source : Infomédiaire, « PLF 2027 : le pouvoir d'achat au cœur de la bataille budgétaire », 30/10/2026 à 11h20, ouvert et lu intégralement (commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants réunie mercredi, croissance de 3,7 %, déficit de 3 % du PIB, dette du Trésor d'environ 66,9 % du PIB, investissement public de 400 MMDH, seuil d'IR de 40 000 à 60 000 DH de revenu annuel net imposable, taux marginal ramené à 30 % à l'horizon 2031, pension de réversion de 50 à 100 % pour 7,3 MMDH et environ 431 000 bénéficiaires, positions de la majorité sur l'accès des PME aux marchés publics, du PJD sur les six sociétés régionales agricoles et de l'Alliance de la gauche sur les salaires et la redistribution, demande de Nabila Mounib sur les critères d'allocation des crédits territoriaux). Chiffres antérieurs de 4,3 % et 67,5 % : Le Matin et Finances News Hebdo du 23/10/2026, cités dans notre édition précédente. Projection de Bank Al-Maghrib : Conseil du 22/09/2026.
Semaine du 22 au 28 octobre · Monnaie
Ce qui s'est passé
Entre le 22 et le 28 octobre, le dirham s'est apprécié de 0,23 % face à l'euro et s'est déprécié de 0,66 % face au dollar. Le cours de référence de l'euro est passé de 10,990 dirhams le 21 octobre à 10,966 dirhams le 28 octobre, soit 24 dirhams de moins pour 1 000 euros sur la semaine. Depuis le 7 octobre, l'euro est revenu de 11,162 à 10,966 dirhams, ce qui représente 196 dirhams de moins pour 1 000 euros en trois semaines, après un pic à 11,217 dirhams début octobre. Le dollar est passé de 9,792 à 9,856 dirhams, soit 64 dirhams de plus pour 1 000 dollars. Les avoirs officiels de réserve s'établissent à 514,6 milliards de dirhams au 23 octobre, en hausse de 0,9 % sur une semaine et de 19,9 % sur un an, après 510,2 milliards au 16 octobre, 515,4 au 9 octobre et 515,7 au 2 octobre.
Pourquoi c'est important
C'est la première semaine depuis un mois où les deux devises divergent, et la divergence est favorable au Maroc là où cela compte le plus. L'euro pèse soixante pour cent du panier de référence du dirham et l'Union européenne est la première origine des importations marocaines : un importateur de la zone euro paie aujourd'hui 196 dirhams de moins pour mille euros qu'il y a trois semaines. En revanche, tout ce qui est facturé en dollars, à commencer par les produits pétroliers, redevient plus cher. Autrement dit, la détente du change profite à vos achats européens au moment même où elle cesse de protéger votre facture énergétique, ce qui recoupe directement l'item 01 et la hausse de gasoil évoquée à l'item 04. Les réserves, à 514,6 milliards et en hausse de 19,9 % sur un an, effacent le recul des deux semaines précédentes.
Source : Bank Al-Maghrib, indicateurs hebdomadaires, via Bladi, « Le dirham gagne encore du terrain face à l'euro : 196 dirhams de moins pour 1 000 euros en trois semaines », 30/10/2026 à 23h00, ouvert et lu intégralement (semaine du 22 au 28 octobre, appréciation de 0,23 % face à l'euro et dépréciation de 0,66 % face au dollar, euro de 10,990 à 10,966 DH et dollar de 9,792 à 9,856 DH, pic de l'euro à 11,217 DH début octobre, niveau du 27 août à 10,776 DH, réserves de 514,6 MMDH au 23 octobre en hausse de 0,9 % sur la semaine et de 19,9 % sur un an, transferts des MRE de 103,1 MMDH à fin septembre en hausse de 11,3 %). Semaines antérieures : Lebrief du 23/10/2026, Medi1News du 17/10/2026 et Le Reporter du 09/10/2026, cités dans nos éditions précédentes.
Jeudi 29 et vendredi 30 octobre · Finances locales
Ce qui s'est passé
S&P Global Ratings a attribué à la commune de Casablanca une note de crédit à long terme de « BBB- » et à court terme de « A-3 », assortie d'une perspective stable qui reflète celle du Royaume du Maroc. Le rapport de l'agence est daté du 22 octobre. S&P s'attend à ce que l'épargne brute de la commune atteigne environ 25 % des recettes de fonctionnement d'ici 2028, contre 19 % en 2025, et considère que la ville devrait financer une part croissante de ses investissements sur ses ressources propres tout en limitant de nouveaux emprunts. L'agence projette une performance budgétaire satisfaisante sur 2026-2028 et une réduction progressive de la dette directe. Parmi les moteurs cités figurent la hausse des recettes, l'amélioration du recouvrement fiscal, la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la modernisation et la digitalisation de l'administration fiscale, ainsi qu'un élargissement de l'assiette fiscale. La notation reflète également le rôle de Casablanca comme principal pôle économique et financier du Royaume, sa diversification économique, la qualité de sa planification budgétaire et sa position de liquidité.
Pourquoi c'est important
La lecture évidente est bonne pour les fournisseurs de la ville : une commune notée, avec une épargne brute qui passerait de 19 % à 25 % des recettes de fonctionnement et une dette en réduction, c'est une collectivité qui garde sa capacité à investir et à payer. Mais la lecture utile est ailleurs, et elle est dans les motifs de la note. S&P ne salue pas une rentrée d'argent exceptionnelle : elle salue l'amélioration du recouvrement, la digitalisation de l'administration fiscale et l'élargissement de l'assiette. Autrement dit, la note repose en partie sur la capacité de la ville à faire payer davantage d'entreprises, plus efficacement. Pour une PME casablancaise, cela signifie que la taxe professionnelle, la taxe sur les services communaux et les redevances d'occupation du domaine public seront recouvrées avec des outils meilleurs qu'il y a trois ans, et que les écarts déclaratifs anciens deviennent plus visibles.
Source : Hespress, « S&P Global Ratings attribue à la Commune de Casablanca la notation BBB-/A-3, assortie d'une perspective stable », 30/10/2026 à 04h11, ouvert et lu intégralement (note à long terme BBB- et à court terme A-3, perspective stable reflétant celle du Royaume, rapport S&P daté du 22 octobre, épargne brute attendue à environ 25 % des recettes de fonctionnement d'ici 2028 contre 19 % en 2025, financement croissant des investissements sur ressources propres et limitation des nouveaux emprunts, performance budgétaire satisfaisante projetée sur 2026-2028, réduction progressive de la dette directe, moteurs de hausse des recettes, amélioration du recouvrement, maîtrise des dépenses de fonctionnement, modernisation et digitalisation de l'administration fiscale et élargissement de l'assiette, mention du Plan d'Action Communal 2023-2028 et des programmes Grand Casablanca). Rapport de l'agence non consulté.
Jeudi 29 octobre · Entreprises et électricité
Ce qui s'est passé
Selon une revue de presse citant L'Economiste, BMCE Capital Global Research prévoit une progression de 11,4 % des bénéfices des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca en 2026. La croissance devrait toutefois ralentir au second semestre et reposer en partie sur des éléments exceptionnels et sur un petit nombre de secteurs. Le bureau de recherche anticipe une poursuite de la croissance en 2027, sur une base plus large. Par ailleurs, selon une revue de presse citant Le Matin, le rapport économique et financier accompagnant le projet de loi de finances 2027 indique que l'État a accordé à l'ONEE une subvention globale de 17 milliards de dirhams sur la période 2022-2025 afin de maintenir la stabilité des tarifs de l'électricité malgré la hausse des coûts internationaux de l'énergie.
Pourquoi c'est important
Les deux informations disent la même chose depuis deux angles. La première est un avertissement sur la qualité de la croissance des résultats : une progression de 11,4 % qui ralentit au second semestre et repose partiellement sur des éléments exceptionnels n'est pas la même chose qu'une progression portée par l'activité. Si vous vendez à de grandes entreprises, leur résultat 2026 peut être bon sans que leur budget d'achats 2027 le soit. La seconde explique pourquoi votre facture d'électricité n'a pas suivi les marchés internationaux : 17 milliards de dirhams de subvention sur quatre ans ont absorbé l'écart. C'est une information de risque, pas de confort. Votre tarif actuel n'est pas le reflet d'un coût, c'est le reflet d'une décision budgétaire, et le PLF 2027 ajoute 2,8 milliards par an pour prendre en charge les factures de 100 dirhams ou moins. Un plan d'investissement industriel bâti sur la stabilité du tarif actuel repose donc sur une hypothèse politique, pas technique.
Sources : revue de presse Hespress du 29/10/2026 à 09h20, ouverte et lue intégralement, citant L'Economiste pour la prévision de BMCE Capital Global Research d'une hausse de 11,4 % des bénéfices des sociétés cotées en 2026 avec ralentissement au second semestre et dépendance à des éléments exceptionnels et à quelques secteurs, et citant Le Matin pour la subvention globale de 17 MMDH accordée à l'ONEE sur 2022-2025 d'après le rapport économique et financier accompagnant le PLF 2027. Articles d'origine non ouverts, documents sources non consultés. Mesure de prise en charge des factures d'électricité de 100 dirhams ou moins pour 2,8 MMDH par an : notre édition du 24/10/2026.
La correction a tenu. Nous avions reconnu la semaine dernière que deux éditions de suite, une information publiée un vendredi soir nous avait échappé, et que notre balayage de fin de semaine était insuffisant. Cette fois, il a produit les indicateurs du commerce extérieur à fin septembre, publiés le 30 octobre à 20h17, et le relevé de change de la banque centrale publié à 23h00, qui sont les items 01 et 06. Nous le signalons parce qu'une correction annoncée et non vérifiée ne vaut rien.
Un écart enfin tranché, un autre qui s'ouvre. La croissance retenue par le PLF 2027 pour 2027, que deux titres donnaient à 4,3 % et 3,7 % la semaine dernière, est confirmée à 3,7 % par une troisième source. Nous retenons ce chiffre sans déclarer l'autre erroné. En revanche, la dette du Trésor est donnée à 66,9 % cette semaine contre 67,5 % la semaine dernière, et nous ne savons pas si ces chiffres portent sur le même exercice.
Deux pièges de date sur le même sujet. En cherchant les indicateurs hebdomadaires de Bank Al-Maghrib, deux articles d'apparence parfaitement pertinente se sont révélés dater de février 2026 et d'avril 2026. Un troisième, sur la dépénalisation des chèques sans provision, datait de mai 2025. Les trois auraient produit des affirmations fausses sur la semaine écoulée.
Une attribution refusée. Une revue de presse attribue à l'intervention du ministre de la Justice la fin des arrestations aux aéroports et aux postes frontières pour chèques sans provision. La source directe que nous avons lue sur cette même intervention ne mentionne ni les aéroports, ni les postes frontières, ni les chèques. Nous publions ce que dit la source directe et signalons l'écart plutôt que de fusionner les deux récits.
La facturation électronique, dixième semaine. Toujours aucune confirmation de publication au Bulletin officiel du décret d'application. Nous n'avons par ailleurs trouvé aucune mention de la facturation électronique dans la couverture du volet fiscal du PLF 2027 que nous avons lue, sans avoir lu le projet de loi lui-même.
Un item entièrement de seconde main. L'item 08 repose sur deux revues de presse dont nous n'avons ouvert ni les articles d'origine ni les documents sources. Il est pondéré ★★ et nous le disons dans l'item plutôt qu'en note de bas de page.
Une méthode corrigée se juge la semaine suivante, pas le jour où on l'annonce.
Partie 2 · Le verdict
La semaine installe une séparation nette entre ce qui s'améliore et ce qui se dégrade, et pour la première fois depuis la mi-juillet cette séparation est assez franche pour qu'on puisse en tirer des décisions opposées selon les activités. Du côté favorable : les exportations accélèrent de 8,4 % à 10,7 % en trois relevés, l'automobile tire à 14,3 %, l'excédent des services progresse de 14,8 %, les transferts des Marocains du monde de 11,3 %, le dirham gagne 196 dirhams pour 1 000 euros en trois semaines, les réserves remontent à 514,6 milliards, et le pays met en service un port de 54 milliards de dirhams tout en en lançant un autre.
Du côté défavorable, une seule ligne, mais elle est massive : la facture énergétique atteint 111,59 milliards de dirhams, en hausse de 37 %, après 32,6 % et 29,1 % aux deux relevés précédents. Elle représente à elle seule environ un tiers du déficit commercial, selon notre calcul. Et elle est désormais moins protégée qu'avant, puisque le dirham a recommencé à reculer face au dollar, monnaie de facturation des produits pétroliers, pendant qu'il montait face à l'euro.
C'est précisément cette divergence qui rend la semaine exploitable. Un importateur de machines allemandes et un importateur de gasoil ne vivent plus la même conjoncture, et une PME qui traite ses achats en bloc va se couvrir au mauvais moment sur l'un des deux. La règle de la semaine est de séparer ses engagements par devise avant de décider quoi que ce soit.
Trois faits appellent enfin à la prudence sur le calendrier. Le paquet de pouvoir d'achat du PLF 2027 reste daté de janvier. La croissance retenue par ce budget se confirme à 3,7 %, soit nettement moins que les 5 % du programme gouvernemental. Et une hausse du gasoil de 50 à 70 centimes est évoquée pour le 1er novembre, sans confirmation. Rien dans cette semaine ne justifie d'avancer une décision de coût ; beaucoup justifie d'avancer une décision de couverture.
14 000 emplois directs et 20 000 indirects annoncés à court terme, une zone industrielle déjà opérationnelle avec trois usines en construction, un premier terminal qui entre en service dans les prochains jours. Les prestataires de proximité, restauration collective, transport de personnel, intérim, maintenance, nettoyage industriel, se choisissent maintenant. Un dossier de capacités envoyé avant les premières escales entre dans la consultation ; envoyé après, il arrive trop tard.
111,59 milliards de dirhams à fin septembre, après des hausses de 29,1 % et 32,6 % aux relevés précédents, soit environ un tiers du déficit commercial selon notre calcul. Aucune accélération des exportations ne compense ce rythme, et le dirham a cessé cette semaine de protéger ce poste en reculant face au dollar. Pour une PME énergo-intensive, le problème n'est plus conjoncturel.
Autorité : Direction Générale des Impôts, plateforme SIMPL, et Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Au 31 octobre 2026 : déclaration et paiement de la TVA de septembre pour le régime mensuel, déclaration de la TVA du troisième trimestre pour le régime trimestriel, déclaration et paiement des cotisations CNSS de septembre. Si vous lisez ceci après l'échéance, régularisez sans attendre la déclaration suivante, les pénalités de retard courant dès le dépassement. Deux réserves maintenues depuis trois éditions : la source professionnelle consultée se contredit sur la date CNSS, qu'elle situe tantôt au 10 du mois suivant, tantôt au dernier jour, donc vérifiez la vôtre auprès de la CNSS ; et la déclaration trimestrielle des délais de paiement au titre de la loi 69-21, obligatoire au-dessus de 2 millions de dirhams de chiffre d'affaires hors taxe, reste confirmée par un seul cabinet et non vérifiée au Bulletin officiel ni auprès de la DGI. Échéance suivante à préparer : le cahier des charges des transitaires agréés, prévu par le PLF 2027 à compter du 1er janvier 2027.
Partie 3 · Exécution
Partie 4 · Anticipation
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